Maladie d'Alzheimer : l'importance capitale d'un dépistage précoce

La maladie d'Alzheimer affecte les neurones et donc la mémoire. Photo d'illustration.
La maladie d'Alzheimer affecte les neurones et donc la mémoire. Photo d'illustration. © afp
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Benjamin Levêque et A.D
Encore méconnue et sans réel traitement, la maladie doit impérativement être dépistée dès les premiers signes pour que le patient reste autonome le plus longtemps possible.
L'ENQUÊTE DU 8H

Elle touche le cerveau et détruit les neurones. 900.000 personnes en France sont atteintes de la maladie d'Alzheimer. En cette journée mondiale de la maladie, Europe 1 est revenue sur cette maladie encore méconnue et qui fait peur.

L'importance du dépistage. Sur les 900.000 Français malades, la moitié ne sait pas qu'elle est atteinte. La maladie n'a pas été diagnostiquée d'où l'importance d'un dépistage précoce. Pour comprendre comment s'établit le diagnostic, prenons l'exemple d'Hélène, 57 ans. Cela fait quelques années qu'elle a des problèmes de mémoire, comme oublier son sac à main dans le hall de son immeuble ou laisser sa plaque de cuisson allumée tout un week-end. Elle a donc consulté un neurologue à Lille dans ce qu'on appelle un centre de mémoire. Il y en a environ 450 en France.

Tout débute avec une trentaine de questions qui paraissent simples comme "quel jour sommes-nous ?", "à quel étage ?", "quelle saison ?". Pas de problème pour Hélène ; c'est plus tard qu'elle bute sur un autre type d'exercice, quand elle doit nommer trois animaux à partir de photos, et elle hésite. Si le neurologue a un doute, il va plus loin avec une ponction lombaire, pour analyser le liquide dans lequel baigne le cerveau. Le test est très fiable, 98% selon un spécialiste.

Prise en considération souvent tardive. Si ce diagnostic simple n'est pas toujours fait, c'est d'abord à cause du malade lui-même. Il ne s'en rend pas compte. Il trouve toujours une bonne raison d'oublier ses lunettes et ne consulte pas. Ensuite, c'est l'entourage qui minimise le problème. La famille se dit que c'est normal, que c'est dû à la vieillesse, jusqu'au jour où survient un épisode frappant : la personne ne se rappelle plus d'un décès ou d'une naissance par exemple. Et là ça veut dire que la maladie est déjà à un stade avancé. Et puis, les médecins généralistes l'avouent, de toute façon il n'y a pas de traitement miracle...

Pourtant, des outils pour retarder l'aggravation de la maladie. Il existe des patchs, des comprimés qui stimulent la mémoire mais ça ne marche que pour 10 à 15% des patients. Mais s'il est capital de se faire dépister, c'est parce que le diagnostic permet de mettre en place toute une série d'outils qui, eux, vont retarder l'aggravation de la maladie. Et c'est ce que nous dit un spécialiste, Le professeur Philippe Amouyel du CHU de Lille : "Le fait d'avoir une activité physique, le fait d'être aidé par des orthophonistes ou des kinésithérapeutes par exemple, est un élément relativement positif qui aide à maintenir le plus longtemps possible la personne autonome."

Avec ça, on va pouvoir repousser la maladie de 2 à 4 ans, alors ça dépend de chaque patient. Mais le plus important est que cela permet d'organiser sa fin de vie comme faire son testament ou choisir sa maison de retraite tant qu'on a encore toute sa tête ou encore choisir la personne qui nous accompagnera en fin de parcours, en discuter avec elle et prévoir l'organisation qui est lourde de toute façon pour gérer un malade Alzheimer.