L'OMS publie des directives pour traiter les femmes victimes de mutilations génitales

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L'OMS publie des directives pour traiter les femmes victimes de mutilations génitales
@ HABIBOU KOUYATE / AFP
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Selon l'OMS, "depuis 15 ou 20 ans, on voit de plus en plus de mutilations pratiquées par du personnel médical".

L'Organisation mondiale de la Santé a publié lundi, pour la première fois, des directives à l'intention des professionnels de santé sur la façon de traiter les femmes victimes de mutilations génitales, espérant ainsi diminuer en partie leurs souffrances.

Des millions de femmes traumatisées.L'OMS estime que 200 millions de femmes et filles dans le monde ont subi des mutilations génitales, avec des conséquences allant de saignements et douleurs, notamment en urinant ou pendant l'acte sexuel, à des complications souvent fatales pendant l'accouchement, en passant par des traumatismes psychologiques profonds. Ces mutilations sont pratiquées essentiellement en Afrique, ainsi qu'en certains endroits d'Asie ou du Moyen-Orient. Mais avec les migrations de ces dernières décennies, elles sont également présentes en Occident.

Ces docteurs qui "ne savent même pas ce qu'ils voient". D'où la nécessité de directives pour traiter ces femmes, de façon à ne pas les faire souffrir encore plus. Doris Chou, une spécialiste de la santé maternelle et prénatale à l'OMS, a expliqué que certains docteurs, y compris en Occident, "ne savent même pas ce qu'ils voient" lorsqu'ils examinent une femme qui a subi une mutilation génitale, ce qui rend difficile un traitement efficace. Toujours selon l'OMS, plus de 500.000 femmes et filles aux Etats-Unis ont subi ou sont menacées de subir des mutilations génitales, et quelque 66.000 en Grande-Bretagne.

Des conditions dangereuses pour les femmes. L'OMS recommande principalement une aide psychologique et des conseils pour tenter de rendre l'acte sexuel moins pénible. Et surtout la pratique, pour les femmes enceintes, de rouvrir le vagin qui a été cousu - une situation qui provoque de nombreux décès pendant les accouchements, le bébé ne réussissant pas à sortir. Et surtout, elle demande au personnel médical des régions les plus concernées de refuser d'effectuer ces mutilations - même s'ils ont des raisons de penser que leur refus signifiera que la mutilation sera pratiquée de toutes façons, et dans des conditions plus dangereuses pour la jeune fille.

En effet, selon l'OMS, "depuis 15 ou 20 ans, on voit de plus en plus de mutilations pratiquées par du personnel médical" auquel s'adressent les familles, espérant ainsi éviter les complications.