L'hôpital au bord du burn-out : "On est dans une logique comptable"

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Rémi Salomon, le responsable de la sous-commission vie hospitalière de la Commission Médicale d’établissement de l’AP-HP, invité mardi dans Europe 1 bonjour, revient sur la souffrance vécue au quotidien par les soignants.

INTERVIEW

Arte diffuse mardi soir un documentaire choc : "Dans le ventre de l’hôpital". Il plonge les téléspectateurs en immersion dans l'hôpital Saint-Louis, à Paris. On y découvre des soignants en souffrance. "Malheureusement nous arrivons dans des situations où l'humain est parfois laissé de côté. Ce film c'est un projecteur sur cette souffrance des soignants", explique mardi Rémi Salomon, le responsable de la sous-commission vie hospitalière de la Commission Médicale d’établissement de l’AP-HP, à Paris, au micro de Raphaëlle Duchemin, dans Europe 1 Bonjour.

Un problème de budget. Pour le médecin, plusieurs causes expliquent cette souffrance vécue au quotidien par chirurgiens, anesthésiste, infirmiers, aides soignants. La première est financière : "Le budget des hôpitaux est restreint", souligne Rémi Salomon. "On a vu les choses changer ces dix dernières années. On doit faire du chiffre. On nous demande plus d'activités alors que les moyens n'augmentent pas. Donc forcément on met les équipes sous tension. On est dans une logique comptable", regrette-t-il.

"Le travail perd de son sens". "Aujourd'hui, le mode de financement des hôpitaux ne prend pas en compte le temps que l'on doit passer avec les patients. Prendre soin, c'est aussi prendre du temps. Le travail perd son sens quand on en arrive à ce point là. Ça nous amène à la souffrance éthique et morale", ajoute-t-il.

"Repenser le management". Rémi Salomon plaide également pour repenser le management au sein de l'hôpital, qui selon lui, est l'autre cause de la souffrance des soignants. "Il faut que les gens se parlent, réfléchissent à leur travail. Il n'y a pas plus expert du travail que ceux qui le font. Il faut redonner la possibilité de se parler et de parler de l'organisation de leur travail", étaye-t-il.