L’étiquetage nutritionnel sur les aliments, une bonne idée ?

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L'étiquetage nutritionnel sur les aliments va faire son arrivée en France dès le mois de septembre. Des logos de couleur qui ne font pas l'unanimité chez les nutritionnistes. 

LE DÉBAT

Plusieurs logos testés. L'étiquetage nutritionnel va bientôt arriver en France. Le ministère de la Santé a en effet annoncé que, dès le mois de septembre, quatre logos résumant le score nutritionnel des produits seront testés dans 50 grandes surfaces qui seront tirées au sort. Ce seront des logos à cinq couleurs, du vert pour les aliments les plus équilibrés au violet pour les aliments les plus gras, sucrés et salés. Et, en plus de ces couleurs, il y aura également des triangles de couleur qui afficheront la fréquence de consommation recommandée des produits. Les fruits et légumes qui sont, par exemple, recommandés seront marqués d’un triangle vert tandis qu’il y aura par exemple sur le chocolat un triangle violet. 



D'éventuelles carences ? Mais avant même leur apparition, ces logos sont loin de faire l'unanimité. "Même si le logo est vert, on ne peut pas consommer un produit autant que l’on veut et aussi fréquemment que l’on veut car si vous consommez énormément d’un seul produit, cela peut provoquer des carences et des problèmes gastriques. Un surplus de fruits par exemple apporte trop de fibres et donc des douleurs au ventre", a ainsi affirmé le médecin nutritionniste Patrick Serog, dans Le Grand direct de la Santé mardi. 

Mieux guider les Français. Pourtant, l'objectif du ministère de la Santé est qu'au fur et à mesure du déploiement de l'étiquetage, des nutritionnistes analysent les caddies des consommateurs pour voir avec lesquels de ces logos nos comportements d’achat s’améliorent le plus. Mais pour Patrick Serog, "ces logos ne permettent pas aujourd’hui de dire exactement comment se débrouiller pour bien manger. Par exemple si le chocolat a un logo violet, les gens vont se restreindre pour ne pas trop en manger et pourraient finalement avoir des comportements compulsifs et avoir tendance à en manger encore plus".

Un déploiement en 2017. Malgré les doutes émis par certains nutritionnistes qui, comme Patrick Serog, prônent "une individualisation du conseil alimentaire", l'idée du ministère est bien de déployer le dispositif dès 2017. En effet, dès le mois de novembre, les jurys du ministère de la Santé vont désigner les logos gagnants pour ensuite les généraliser. Et, même si les industriels ne seront pas obligés d’appliquer ces logos, l’idée est que les bons élèves entraînent les autres.

Patrick Serog, tout comme le nutritionniste Jean-Michel Cohen prônent eux, "des logos par catégorie de produits pour pouvoir les comparer entre eux". Une idée non retenue par le ministère de la Santé qui aurait, selon Jean-Michel Cohen, "poussé les industriels à développer de meilleurs produits pour qu’ils ne soient pas stigmatisés dans le rouge".