Des milliers de médecins ont défilé contre la loi santé

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Des milliers de médecins ont défilé contre la loi santé
@ AFP
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Médecins et autres professionnels de santé ont manifesté dimanche contre le projet de loi de la ministre Marisol Touraine.

Les blouses blanches dans la rue. Objet de leur colère : la réforme de la ministre de la Santé, Marisol Touraine et sa mesure emblématique, la généralisation du tiers-payant. Pour tenter de calmer le jeu, Marisol Touraine a reçu des organisations professionnelles de médecins dimanche après-midi. La ministre de la Santé a affirmé sa "volonté de dialogue" mais le président du principal syndicat de médecins libéraux s'est dit "déçu" par la rencontre avec la ministre qui est resté campée sur ses positions.

Des professionnels de santé très remontés. "Tous unis pour la santé de demain" : derrière ce slogan, plusieurs milliers de professionnels du milieu médical, en colère contre le projet de loi santé, ont défilé dimanche à Paris pour "se faire entendre" de la ministre Marisol Touraine, certains professionnels allant jusqu'à demander son départ du gouvernement. Combien étaient-t-ils ? 19.000 personnes, selon la police, plus de 50.000 selon les organisateurs.

Une rencontre "décevante" avec la ministre de la Santé. Rassemblés depuis la fin de la matinée place Denfert-Rochereau, dans le 14ème arrondissement de Paris, les professionnels de la santé, médecins, internes, infirmiers libéraux, dentistes, ont ensuite rejoint le ministère de la Santé, dans le 7ème arrondissement. Les organisations professionnelles de médecins ont, elles, été reçues par Marisol Touraine a indiqué le ministère. 

A l'issue de la rencontre, la ministre de la Santé a déclaré que la loi santé "ne se ferait pas sans les médecins" et a affirmé sa "volonté de dialogue" dimanche après la manifestation parisienne des professions de santé. "Les Français attendent que le système de santé soit transformé pour mieux répondre à leurs attentes. Cette transformation bien sûr ne se fera pas sans les médecins, elle se fera avec eux", a-t-elle déclaré devant quelques journalistes.

Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (principal syndicat de médecins libéraux), s'est dit "déçu" de la rencontre avec la ministre. "Malgré la mobilisation historique aujourd'hui avec 40.000 médecins, jeunes médecins et professions de santé (19.000 selon la police), la ministre n'a pas bougé du tout", a-t-il expliqué ."La ministre a confirmé la généralisation du tiers payant par étape comme prévu, elle a confirmé l'expérimentation pour la vaccination chez le pharmacien alors que nous  la refusons", a-t-il indiqué.Selon lui, "aujourd'hui n'était qu'une étape, il est indispensable que les médecins restent mobilisés" pour notamment "continuer la bataille au niveau parlementaire" qui s'engage dès mardi avec l'arrivée du texte de loi en commission. 

Différentes revendications, mais un front uni. Unies pour cette manifestation, les professions médicales ont toutefois des revendications diverses : refus du tiers payant généralisé, difficultés d'installation, défense de la liberté d'exercer ou encore crainte de la bureaucratisation. Si une partie des manifestants réclament le retrait du texte, voire la démission de la ministre, d'autres plaident pour une réécriture du projet de loi. Mais tous dénoncent le manque de concertation.  

Même l'Ordre des médecins, d'ordinaire discret, a affiché son "soutien" à la manifestation, tout comme l'UMP François Fillon. Marisol Touraine a pourtant lâché du lest lundi, en acceptant des aménagements à son texte qui comporte aussi un important volet prévention. Elle a notamment reculé sur la délégation de la vaccination aux pharmaciens, qui fera l'objet d'"expérimentations" au lieu d'être inscrite dans la loi. Mais la ministre a maintenu son objectif d'étendre le tiers payant (dispense d'avance de frais lors des consultations) à tous les Français en 2017. Promesse de campagne de François Hollande, la mesure, plébiscitée par les patients, est aussi la plus critiquée par les libéraux. Les médecins redoutent une "usine à gaz" administrative et des difficultés à être remboursés rapidement par l'assurance maladie et les complémentaires santé. Les garanties de la ministre sur les délais de paiement n'ont en rien rassuré les praticiens. 

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