La réalité virtuelle se met au service des thérapies mentales

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La réalité virtuelle se met au service des thérapies mentales
Les lunettes de réalité virtuelle peuvent favoriser les exercices de psychothérapies dites cognitives, qui exposent graduellement le patient à ses peurs.@ DAVID MCNEW / AFP
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Les images projetées sur les lunettes de réalité virtuelle peuvent permettre de s'immerger dans une situation donnée, afin de traiter phobies, anxiété ou addictions.

Les lunettes de réalité virtuelle ne sont plus seulement destinées aux jeux vidéo : des entreprises du numérique travaillent à en faire des outils de thérapie mentale, pour traiter phobies, anxiété ou addictions.

"Un environnement sécurisé". "Avec la réalité virtuelle, vous pouvez créer des thérapies audiovisuelles pour les phobiques, dans un environnement sécurisé", explique Algirdas Stonys, PDG du concepteur de logiciels Telesoftas, présent au Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC) qui s'est terminé jeudi à Barcelone. L'entreprise lituanienne vient de recevoir des fonds européens pour financer le développement d'applications de santé mentale pour des lunettes de réalité virtuelle, en collaboration avec des universités.

Les images permettent de s'immerger dans la situation redoutée. L'un des principes des psychothérapies dites cognitives est d'exposer graduellement le patient à ses peurs (araignées, avion, claustrophobie...) afin de l'aider à dédramatiser. L'idée est de pratiquer ces exercices grâce aux images projetées sur les lunettes de réalité virtuelle, qui permettent de s'immerger dans la situation redoutée. Par exemple, "si vous avez peur de parler en public, vous vous retrouvez devant une pièce remplie de gens", explique Vilius Smalinskas, directeur commercial de Telesoftas. Jusqu'ici, ces exercices se faisaient par l'imagination, ou bien via des cas pratiques, "mais nous nous sommes dits qu'à l'ère digitale, il devait y avoir quelque chose de plus", explique Xavier Palomer Ripoll, PDG de Psious.

Un outil pour les psychothérapeutes. La jeune pousse catalane a vu le jour il y a trois ans parce que l'un de ses fondateurs avait peur de l'avion. Elle conçoit des applications destinées aux psychothérapeutes, qui peuvent les télécharger pour les utiliser sur n'importe quel casque de réalité virtuelle en vente dans le commerce. Le médecin choisit ensuite l'environnement adapté. Par exemple, une personne atteinte de vertige se retrouve, une fois les lunettes chaussées, dans un ascenseur accroché à la façade d'un gratte-ciel. Le thérapeute, via son ordinateur, peut faire monter l'ascenseur de plus en plus haut, ou bien rendre le sol transparent pour accentuer la difficulté de l'exercice. Il peut aussi juger des progrès du patient, en voyant par exemple s'il arrive à regarder vers le bas. L'application permet aussi de mener des séances de relaxation et de méditation, dans un paysage bucolique.