Ile-de-France : une ONG s'inquiète de la pollution chimique de crèches et écoles

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Ile-de-France : une ONG s'inquiète de la pollution chimique de crèches et écoles
Habitants des environs et enfants seraient exposés à une pollution du sol@ PATRICK HERTZOG / AFP
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En s'appuyant sur des diagnostics de pollution réalisés en 2012-2013, l'ONG Robin des Bois alerte sur la pollution environnant des établissements publics franciliens.

Hydrocarbures, solvants chlorés, plomb... Certaines crèches et établissements scolaires de Paris et d'Ile-de-France sont installés sur des sols pollués, a assuré l'ONG Robin des bois, réclamant une meilleure information du public.

Des diagnostics trop peu connus. L'association a indiqué avoir obtenu auprès de la Commission d'accès aux documents administratifs des diagnostics réalisés lors d'une campagne lancée en 2012-2013 par le ministère de la Transition écologique, qu'elle publie sur son site. "La diffusion de ces diagnostics a été beaucoup trop confidentielle. Ils auraient dû être partagés avec les parents d'élèves, les enseignants et les enfants" en âge de les comprendre, a dénoncé vendredi Jacky Bonnemains, porte-parole de Robin des bois.

Une "vigilance renforcée" pour 58% des établissements. Selon l'ONG, en Ile-de-France (hors Paris), 4% des 123 établissements accueillant des enfants et adolescents doivent "faire l'objet d'aménagements et de précautions d'usage" (classés C), comme la fermeture de jardins pédagogiques ou l'amélioration de la ventilation, et 58% "doivent faire l'objet d'une vigilance renforcée sur le long terme" (classés B).

Certaines mesures à Paris. À Paris intra-muros, sur les 40 crèches diagnostiquées, 52% sont classées B et 23% sont classées C. Parmi ces dernières, certaines ont déjà fait l'objet de mesures comme celle des Petites écuries dans le Xe arrondissement qui a été fermée. Des teneurs en plomb de 1.400 mg/kg avaient été mesurées dans les sols du jardin pédagogique, alors que le Haut Conseil de la Santé publique recommande un dépistage du saturnisme infantile à partir de 300 mg/kg.

Des sites anciens pollués. Ces diagnostics ont mis en évidence "un parc scolaire et de crèches ancien, qui date en moyenne des années 1920-30 et autour de ces écoles sont venus s'agglomérer stations-services, teintureries, blanchisseries, garages, petites industries qui ont fermé mais ont laissé sur place perchloréthylène et hydrocarbures", a expliqué Jacky Bonnemains.

"Il ne suffit pas de fermer les portes". Certains établissements plus récents construits sur des friches "pas dépolluées" sont également concernés, comme une crèche du XXe arrondissement qui devrait être fermée "dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté, notant que ces informations étaient également importantes pour les riverains également concernés par la présence de polluants. "Il ne suffit pas de fermer les portes, de purger les robinets, d'ouvrir les fenêtres et de condamner des pièces, il faut extraire les sources de pollution", a insisté Robin des bois dans un communiqué, notant que "cette dépollution coûte cher".