Greffe de cellules souches sur un coeur malade : "la patiente opérée va bien"

  • A
  • A
Partagez sur :

Le professeur Philippe Menasché a opéré Jacqueline il y a un an. Il donne des nouvelles de sa patiente.

INTERVIEW

Un an après sa greffe de cellules souches pour réparer son coeur malade, Jacqueline, la patiente ayant bénéficié de cette opération pour la première fois au monde, va bien. Cette première mondiale a été réalisée le 21 octobre 2014 par le professeur Philippe Menasché et son équipe du service de chirurgie cardiovasculaire de l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris.

"Elle va bien". Invité mercredi matin d'Europe 1, le professeur Philippe Menasché a donné des nouvelles de sa patiente. "Elle va bien. Elle est très clairement améliorée par rapport à son état pré-opératoire", se félicite son sauveur. Jacqueline, aujourd'hui âgée de 69 ans, souffrait d'insuffisance cardiaque sévère avec altération nette de sa fonction cardiaque à la suite d'un infarctus ancien.

Une première mondiale. Le procédé de cette thérapie a été développé par le Pr Jérôme Larghero, de l'hôpital Saint-Louis à Paris. Les jeunes cellules cardiaques, obtenues en laboratoire à partir des cellules souches embryonnaires, ont été incorporées dans un gel qui a été appliqué sous forme de patch sur la zone du coeur de la patiente, rendu inerte par l'ancien infarctus. "C'est ce patch que j'ai déposé sur la zone morte du cœur avec l'espoir que les cellules redonneraient un peu de vigueur et de vitalité à cette portion", a détaillé le professeur Menasché.

Pour autant, aujourd'hui, il reste difficile de dire si l'amélioration de l'état de santé de Jacqueline provient de la greffe de cellules ou du pontage, selon le chirurgien (NDLR : Le pontage permet de contourner un obstacle qui obstrue une artère nourricière du coeur coronaire).

"Améliorer la qualité de vie des patients". L'essai a été autorisé par l'Agence de la biomédecine pour six patients au total. Un deuxième patient en a déjà bénéficié en février dernier et trois autres devraient suivre, ce qui permettra de valider la première étape de cet essai clinique. "L'objectif n'est pas de guérir totalement l'insuffisance cardiaque, l'objectif est d'améliorer la qualité de vie et si possible, de prolonger la survie des patients, a souligné Philippe Menasché.  "Il ne faut pas s'attendre à des miracles", a prévenu le médecin.