Frédéric Lenoir, philosophe : "La méditation permet de muscler l'esprit"

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MÉDITATION - Le spécialiste de la spiritualité Frédéric Lenoir était l’invité de Marion Ruggieri jeudi. Pour lui, la méditation est un simple exercice de l’esprit.

Pour une bonne séance de méditation, les conseils de Frédéric Lenoir sont simples : s’asseoir dans une position qui nous convient, dans un lieu où on ne sera pas dérangé, respirer, du silence, et observer. "C’est extrêmement simple. Ce qui est difficile, c’est de persévérer, de le faire tous les jours ne serait-ce que cinq minutes", a expliqué le philosophe dans "Il n’y en a pas deux comme elles" jeudi.


Du sport pour votre esprit. "Quand vous commencez à courir, vous ne faites pas de sport. La première fois que vous courez, vous êtes essoufflé au bout de 200 mètres. Le deuxième jour, au bout de 500 mètres. Et au bout d’une semaine, vous ne pourrez plus vous en passer", philosophe-t-il. "C’est à dire qu’on s’aperçoit qu’il faut habituer le corps à un nouvel exercice, et une fois qu’il le fait, il adore ça. L’esprit, c’est pareil."


Méditer pour prendre de la distance. "La méditation, c’est un exercice où on apprend à être dans un silence intérieur en laissant passer les pensées, les émotions sans s’y attarder", dit Frédéric Lenoir. "Dans le fonctionnement non-méditatif habituel, quand il y a une pensée, on est pris par elle. Là, on l’observe et on la laisse passer. Cela crée une sorte de silence intérieur, où l’esprit respire. Et c’est ce qui nous permet d’être beaucoup mieux au quotidien."


Un diktat de la pensée. Répondant à une question de Marion Ruggieri, Frédéric Lenoir a expliqué ce que cela a changé pour lui. "Je ne suis plus tout le temps pris dans l’agitation du mental, des pensées, des idées qui viennent tout le temps, ce qui fait qu’on est dans une agitation permanente" a-t-il dit. "On n’a plus de distance vis à vis de nos pensées et de nos émotions. La méditation est un temps privilégié où l’on muscle l’esprit comme on le fait pour le corps, pour qu’il s’habitue à ne pas les suivre. C’est comme quand vous êtes dans le train, vous voyez une vache, vous n’allez pas penser à elle pendant tout le trajet. Le fait de faire ça, fait que dans nos vies, on n’est plus totalement pris dans le diktat de nos pensées et de nos émotions."