Pays développés : le "boom" des jumeaux jugé préoccupant

  • A
  • A
Pays développés : le "boom" des jumeaux jugé préoccupant
@ ORLANDO SIERRA / AFP
Partagez sur :

"Nous ne savons pas si cette hausse va se poursuivre, mais celle-ci est de plus en plus perçue comme un problème de santé publique", précise l'auteur de l'étude.

Le taux de naissances de jumeaux a presque doublé dans les pays développés en quarante ans en raison du retard des maternités et de l'assistance médicale à la procréation. Cette hausse est préoccupante, ces bébés étant plus fragiles, selon une étude diffusée lundi.

"Nous avons passé en revue toutes les statistiques d'état civil des pays disposant de tableaux détaillés pour les accouchements distinguant les naissances simples des naissances multiples : jumeaux, triplés, etc." de 1970 à 2012/2013/2014 selon les pays, a expliqué à l'AFP Gilles Pison, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et chercheur associé à l'Institut national d'études démographiques (Ined).

Un "effet assistance médicale à la procréation". Après 35 ans, les poly-ovulations sont fréquentes chez les femmes. Parallèlement, de plus en plus de couples ont recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP). Le Pr Pison et ses collègues néerlandais Christiaan Monden (Université d'Oxford) et Jeroen Smits (Nimègue, Pays-Bas) ont constaté que l'effet de l'AMP est en moyenne trois fois plus important que celui du retard des maternités dans "ce boom des jumeaux" sur la base des données de 32 pays, dont une majorité de pays européens mais aussi l'Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, etc.

"Toutefois, cette moyenne recouvre une grande diversité de situations", a souligné Gilles Pison. Au Japon, l'effet de l'AMP est ainsi dix fois plus important que le retard des maternités. En Pologne, où l'AMP est encore peu développée, celle-ci ne joue que pour un tiers des naissances gémellaires. En Hongrie et en Nouvelle-Zélande, l'effet des maternités tardives et celui de l'AMP sont égaux.

Des grosses présentant plus de risques. "Dans un pays sur quatre, le taux de gémellité a cessé d'augmenter. On constate un plateau, suivi d'une diminution", a détaillé le Pr Pison. Pour autant, dans trois pays sur quatre, il continue d'augmenter comme en France, aux États-Unis ou au Royaume-Uni. "Nous ne savons pas si cette hausse va se poursuivre, mais celle-ci est de plus en plus perçue comme un problème de santé publique", a souligné le chercheur. Car les grossesses gémellaires sont plus à risque (entre autres risque de diabète gestationnel et dépression post-natale pour la mère).

Les accouchements sont souvent déclenchés et les jumeaux naissent souvent prématurés avec des taux de mortalité infantile plus élevé. Face à ces risques, la pratique recommande l'implantation d'un seul embryon.