Des médecins et chercheurs mettent en garde contre la Fondation Lejeune

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Des médecins et chercheurs mettent en garde contre la Fondation Lejeune
Les scientifiques déplorent "Les prises de position de cette fondation dénaturent et dégradent le débat éthique qu’il convient de mener sur les évolutions des sciences de la vie et de la santé".@ MUJAHID SAFODIEN / AFP
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Dans une tribune publiée jeudi dans "Le Monde", 146 scientifiques mettent en cause la Fondation Jérôme-Lejeune, reconnue d'utilité publique, et défavorable à l'avortement ou les recherches sur l'embryon.

Elle s'est donnée pour mission de "chercher, soigner et défendre". La Fondation Jérôme-Lejeune est mise en cause par 146 médecins et chercheurs dans une tribune parue jeudi dans le journal Le Monde. Ils dénoncent l'activisme judiciaire de cet organisme contre les autorisations de recherche sur l'embryon et demandent aux pouvoirs publics de reconsidérer la reconnaissance d'utilité publique de la fondation, lors de sa création en 1996, pour son action envers les personnes trisomiques.

"Les recherches sur l'embryon présentent un intérêt scientifique et médical indéniable". Les scientifiques expliquent d'abord que la Fondation Jérôme-Lejeune, du nom d'un des scientifiques français découvreur de la trisomie 21, dispose "de moyens importants", "finance des recherches expérimentales et cliniques", et a "créé un centre de consultations médicales" assurant la prise en charge de patients "porteurs de la trisomie 21". 

Mais les signataires de la tribune regrettent que l'organisme visé "cherche à bloquer les recherches sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires en multipliant les procédures pour faire annuler, par voie judiciaire, les autorisations de recherche que l’Agence de la biomédecine délivre en accord avec la législation française". Il s'avère pourtant que "ces recherches présentent un intérêt scientifique et médical indéniable pour la société", poursuivent-ils.

  Signataires 28 03 17 by Le Monde on Scribd

Des "déclarations caricaturales".  Les 146 médecins et chercheurs dénoncent également des "déclarations caricaturales" de la Fondation, qui fait entendre sa voix sur des sujets de société tels que le Planning familial, l'avortement en Espagne ou des enfants nés d'une GPA, sur la fin de vie ou même "[sur] la primaire organisée par les Républicains en novembre 2016".