Bientôt un vaccin contre la dépendance à la nicotine ?

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La piste d'un vaccin anti-nicotine est étudiée aux Etats-Unis. Le docteur Gérald Kierzek explique son fonctionnement dans la question santé d'Europe 1.

Se faire vacciner pour arrêter de fumer ? Ce "vieux rêve" pourrait bientôt devenir réalité, a expliqué mercredi le docteur Gérald Kierzek sur Europe 1. "Plusieurs laboratoires depuis plus de dix ans sont en lice pour trouver ce fameux vaccin anti-nicotine, puisque c’est la nicotine qui est responsable de la dépendance", indique-t-il. Mais cette fois, des chercheurs américains ont réussi un premier test concluant sur des souris. 

Une production d'anticorps anti-nicotine. Si la recherche aboutit, le produit aura le fonctionnement d'un vaccin classique. "On va inoculer un virus avec de la nicotine portée par ce virus. Dans le sang, elle va être détectée par notre système immunitaire avant que la nicotine n'arrive à son endroit cible, le cerveau. L’objectif, c’est de faire produire par l’organisme des anticorps qui viendraient détruire cette nicotine et empêcher l’addiction", détaille Gérald Kierzek. 

Des questions sur son utilisation. Le vaccin pourrait à la fois fonctionner comme un traitement de l'addiction mais aussi en prévention. Un double emploi qui pose question, estime le médecin : "Est-ce qu'on peut vacciner contre un comportement ? Ce n'est pas une maladie de fumer".

Pas d'action sur l'addiction psychologique. D'autre part, le vaccin agit uniquement sur l'aspect chimique de l'addiction. "On sait que la nicotine est le facteur principal addictif qui va se poser sur des récepteurs et stimuler de la dopamine, cette substance du plaisir. Mais la prise en charge n'est pas que chimique, elle n'est pas vaccinale", soutient Gérald Kierzek. Pour en finir avec le tabac et l'addiction, l'accompagnement psychologique devrait donc rester indispensable.