Après une nouvelle greffe, Jérôme Hamon devient l'homme aux trois visages

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Trois mois après une deuxième greffe de la face, Jérôme Hamon a dévoilé son nouveau visage lors d'une rencontre avec les médias.

Il est apparu avec un visage encore lisse et immobile qui n'a pas épousé tout à fait les traits de son crâne. Lundi, Jérôme Hamon, le premier homme au monde à avoir subi deux greffes de la face  a dévoilé sa nouvelle "identité" lors d'une rencontre avec les médias, trois mois après sa dernière opération dans la nuit du 15 au 16 janvier. "Je me sens très bien", a dit le quadragénaire greffé. "J'ai hâte d'être libéré de tout ça", a-t-il ajouté, fatigué par le lourd traitement immunodépresseur empêchant un nouveau rejet qu'il doit toujours subir, et s'exprimant avec difficulté.

Atteint d'une maladie génétique. Si Jérôme Hamon a été greffé, c'est parce que depuis l'enfance il souffre d'une maladie génétique qui a déformé son visage, la neurofibromatose de type 1. En 2010, il se tourne alors vers l'équipe d'un chirurgien plastique, le Pr Laurent Lantieri, afin qu'il réalise une greffe totale de la face. Une première mondiale réalisée à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, près de Paris.

Une première greffe.Le succès est au rendez-vous, mais il est éphémère. Car la même année, à l'occasion d'un banal rhume, Jérôme Hamon est soigné par un antibiotique incompatible avec son traitement immunodépresseur. En 2016, il commence à montrer des signes de rejet chronique, et son visage se dégrade. À l'été 2017, il est hospitalisé, et en novembre, son visage greffé, qui présente des zones de nécrose, doit lui être retiré. En septembre, Jérôme Hamon est alors une nouvelle fois inscrit parmi les patients en attente d'une greffe.

Une nouvelle opération. Au total, il reste plusieurs mois "sans visage" en réanimation à Pompidou, le temps que l'Agence de la biomédecine signale un donneur compatible, le 14 janvier dernier. Le lendemain, l'équipe du Pr Laurent Lantieri, à l'hôpital européen Georges-Pompidou, de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), se charge de cette opération technique, délicate et impressionnante : apposer cette nouvelle face sur le visage du patient en le reliant à tout ce qui fait l'anatomie complexe de la tête.

"C'est bon, c'est moi". Une réussite tant sur le plan technique que psychologique assure le patient lui-même. "La première greffe, j'ai accepté immédiatement le greffon. J'ai considéré que c'était un nouveau visage et maintenant c'est pareil", estime aujourd'hui Jérôme Hamon. "Si je n'avais pas accepté ce nouveau visage, ça aurait été un drame. Effectivement, c'est une question d'identité. (...) Mais là, c'est bon, c'est moi.".

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Le Pr Laurent Lantieri, chirurgien plastique a réalisé la greffe de 2010 et celle de 2017. (Crédit : AFP)

40 greffes de visages dans le monde

Les greffes de visage, partielles ou totales, se sont multipliées depuis treize ans mais restent des entreprise délicates et exceptionnelles par leur technicité et les risques de complication, malgré l'efficacité des traitements anti-rejets. Une quarantaine d'opérations de ce genre ont été réalisées depuis la première, celle de la Française Isabelle Dinoire en 2005.