Amiante : 20 ans après, toujours pas de procès, s'indignent les victimes

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Amiante : 20 ans après, toujours pas de procès, s'indignent les victimes
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L'association nationale de défense des victimes de l'amiante a organisé une manifestation pour protester contre l'absence de procès où "les responsables" seraient tous jugés. 

Les années passent, mais la rancœur demeure. Vingt ans après l'interdiction de l'amiante, plusieurs centaines de personnes défilaient vendredi à Paris à l'appel de l'association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) pour dire leur colère face à l'absence de procès pénal permettant de juger "tous les responsables".

Un pôle judiciaire dédié, mais pas de procès ouvert. "Non ! L'amiante ce n'est pas fini. Le combat continue", insiste l'association. La mobilisation est "plus que jamais nécessaire pour un procès pénal où tous les responsables devront être jugés et punis" et pour obtenir "une juste indemnisation des préjudices", souligne l'association, en appelant également à ce que "la prévention et la recherche" deviennent "des priorités nationales". "En 2005, on venait d'obtenir la création d'un pôle judiciaire de la santé publique. Naïvement on s'était dit que c'était une victoire, qu'on allait finir par avoir un procès pénal de l'amiante", s'est indigné au micro François Desriaux, vice-président de l'Andeva.

L'exemple italien. Partis de la place de la Bourse vers 14 heures 30, les manifestants, venus notamment d'Auvergne, de Bourgogne, ou encore des départements de Seine-Saint-Denis, Seine-Maritime, Drôme, Ardèche, Charente-Maritime et Manche, devaient défiler jusqu'à proximité de la place Vendôme, où se trouve le ministère de la Justice. Une délégation devait y être reçue. L'association, qui attend toujours un grand procès en France, souligne qu'en Italie, un tribunal a condamné en juillet à des peines de prison plusieurs personnalités après des décès d'ouvriers pouvant être liés à cette fibre cancérogène, interdite en France depuis le 1er janvier 1997.

L'amiante responsable de 10 à 20% des cancers du poumon. Vingt-sept dossiers "amiante" sont actuellement instruits au pôle de santé publique de Paris dont les plus emblématiques: celui de la société Eternit, premier producteur français d'amiante-ciment jusqu'à l'interdiction de la fibre, de l'usine de Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, des anciens chantiers navals de la Normed à Dunkerque, du campus de Jussieu et de la tour Montparnasse à Paris. Selon les autorités sanitaires, l'amiante est responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et 85% des mésothéliomes (cancers de la plèvre) et pourrait provoquer jusqu'à 100.000 décès d'ici à 2025. L'Andeva chiffre à 3.000 chaque année le nombre de morts dues à ce matériau. Parmi les manifestants, Henri Degrange, 79 ans, ex-salarié d'Eternit, malade, a témoigné se sentir "presque responsable" du décès de son épouse, contaminée par les bleus de travail qu'elle lavait, morte en 2000 à 60 ans.