Demain, tous titulaires d'un "passeport médical" ?

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CARNET DE SANTE 2.0 - Une société suisse a créé un "passeport médical". Près de 5.000 personnes le possèdent déjà.  

Quand un patient étranger arrive inconscient dans un hôpital, les médecins sont souvent confrontés à de nombreuses questions. Qui appeler ? La personne est-elle allergique à tel ou tel traitement ? A-t-elle déjà subi telle ou telle opération ? C’est en partant de ce constat, rapporté à maintes reprises par des médecins urgentistes, que la jeune société Swiss Medbank a eu l’idée de créer le "passeport médical".

"Eviter de nombreuses erreurs médicales"

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"Un médecin n’est pas un devin ni magicien, il a besoin d’informations pour pouvoir prendre des décisions, pour gagner du temps mais aussi pour pouvoir éviter de nombreuses erreurs médicales", nous explique Benjamin Philippe, directeur de Swiss Medbank. Avec la participation de plusieurs médecins, le laboratoire d’analyse médicales a donc récemment mis au point un "med profile" ("passeport médical", ndlr).

En quelques secondes, le médecin aura donc accès "en toute sécurité", nous affirme-t-on chez Swiss Medbank, aux données médicales du patient, "qu’il soit conscient ou pas, que l’hôpital ait accès à internet ou pas". Le principe est simple : moyennant une participation d’1,60 euros par particulier (ou 5,50 euros pour une famille), vous répondez à un questionnaire en ligne (personnes à contacter en cas d’accident, médecin traitant, groupe sanguin, allergies, opérations antérieures…) qui constituera ensuite votre "passeport médical". Toutes ces informations seront disponibles en cinq langues (anglais, français, espagnol, allemand, italien).

Un "passeport médical" obligatoire à terme ?

Ce carnet de santé 2.0 est disponible et consultable sur trois supports. "Soit vous vous connectez au site avec un identifiant et un mot de passe précis", nous détaille Benjamin Philippe, directeur de Swiss Medbank. "Soit, vous branchez votre carte directement sur un port USB, soit vous vous connectez à l’application (qui sera disponible fin avril)". Et pour mieux guider les médecins dans leur lecture du passeport médical, une plateforme téléphonique, ouverte 7 jours sur 7 et 24h/24, a été mise en place.

L’entreprise suisse a déjà 5.000 patients mais vise bien plus haut. "Pour le moment, ce sont surtout les patients à risque qui possèdent leur passeport médical. Mais demain, nous voulons l’étendre au plus de gens possible". Les sportifs de haut niveau mais aussi les globe-trotters, amenés à être soignés dans de nombreux pays différents, sont les prochaines cibles de ce carnet de santé amélioré. Mais de là à imaginer que ce "passeport de santé" soit un jour obligatoire, le pas n’est pas encore franchi.