Xavier Bertrand : "tous les jours, on frôle le drame" à Calais

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Alors que le nombre de migrants dans la "jungle" ne cesse d'augmenter, le président LR de la région des Hauts-de-France appelle gouvernement à prendre ses responsabilités à Calais.

INTERVIEW

Il y a un an, Bernard Cazeneuve faisait une annonce à laquelle beaucoup ont cru : les occupants du camp de migrants surnommé la "jungle" de Calais seront ramenés à 2.000 et la surface occupée sera réduite de moitié. Un an plus tard, le constat est celui d'un échec. Loin de diminuer, le nombre de migrants sur place est passé de 6.000 à 7.000. Une situation inacceptable pour Xavier Bertrand, président Les Républicains des Hauts-de-France.

"Cohabitation impossible". "Le gouvernement doit tenir ses engagements", a-t-il martelé sur Europe 1 vendredi, soulignant que la situation n'est "sanitairement pas bonne". "La cohabitation devient impossible. Tous les jours, on frôle le drame." L'élu a donc égrené plusieurs propositions. "Il y a plusieurs choses à faire. La première, c'est que l'Europe se réveille et se bouge." Xavier Bertrand estime en effet qu'il faut "mettre en place un blocus maritime au large de la Libye" pour empêcher les migrants d'atteindre les côtes européennes. Ensuite, l'élu réclame une renégociation des accords du Touquet avec le Royaume-Uni. "Ces accords qui [fixent] la frontière en France ne peuvent pas rester en l'état", argue-t-il.

Un couvre-feu pour les migrants. À plus court terme, Xavier Bertrand souhaite mettre en place l'équivalent d'un couvre-feu pour les migrants. "Il faut qu'il y ait le soir des mesures pour interdire de sortir de la zone [de la jungle]", et ainsi éviter les incidents, fréquents la nuit. En effet, "certains migrants mettent des obstacles, des troncs d'arbre, des objets pour obliger les routiers à ralentir", et ainsi grimper dans les camions pour espérer passer la frontière. Pour l'élu LR, ces mesures sont indispensables afin d'éviter que la situation ne dégénère. "Les riverains n'en peuvent plus", a-t-il souligné. "J'ai peur que certains se disent que si l'État ne les protège pas, ils vont le faire eux-mêmes."