Villepin retrouve Sarkozy à l'Elysée

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Villepin retrouve Sarkozy à l'Elysée
Dominique de Villepin a donné un avant-goût de qu'il dira à Nicolas Sarkozy lors de leur déjeuner, jeudi à l'Elysée.@ CAPTURE D'ECRAN
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L’ex-Premier ministre pourrait demander au Président de "réconcilier les Français".

C’est un rendez-vous très attendu entre deux figures de la droite qui, de notoriété publique, ne s’apprécient guère. Dominique de Villepin est arrivé à l’Elysée jeudi en fin de matinée, à l’invitation de Nicolas Sarkozy. De là à imaginer un rapprochement, il n’y a qu’un pas que l’ancien Premier ministre franchit… à moitié. "La question de la réconciliation ne se pose pas, j'ai tourné la page il y a plusieurs mois, je n'ai aucune forme de ressentiment envers Nicolas Sarkozy", a-t-il assuré, avant de critiquer en filigrane le style du chef de l’Etat.

"La même franchise qu’avec Jacques Chirac"

"L'enjeu est : est-ce que le président est capable de réconcilier les Français ?", a-t-il ainsi lancé devant la presse, au cours d'une visite qui l'a mené à la rencontre d'habitants de quartiers populaires lyonnais et de l'association d'aide au logement Habitat et humanisme. "Il faut sortir de la logique du bouc émissaire", a poursuivi le président de République solidaire (RS), citant notamment la politique menée à l'encontre des Roms ou les débats sur la burqa, l'islam ou la laïcité, qui "montrent du doigt" certaines populations.

Dominique de Villepin a également fustigé "le silence de la France" sur les événements actuels dans le monde arabe. Et à l’entendre, il ne manquera pas de le dire à son interlocuteur. "J'aurai la même franchise qu'avec Jacques Chirac, quand je lui disais des choses que les autres ne lui disaient pas. Je les dirai à Nicolas Sarkozy", a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Le procès en appel de Clearstream se profile

L’ex-Premier ministre a également précisé qu’il n’aspirait "à aucun portefeuille ministériel". Des rumeurs le voient remplacer Michèle Alliot-Marie, dans la tourmente actuellement à cause de ses vacances tunisiennes, au Quai d’Orsay. "Je me sens bien comme ça", a-t-il expliqué. "Je peux apporter mon expérience, des propositions, ma parole est libre, indépendante."

Une entrée au gouvernement aurait de toute façon été surprenante, alors que se profile, le 2 mai prochain, le procès en appel de l’affaire Clearstream. Si les débats sont du même acabit qu’en première instance, où les camps des deux hommes s’étaient généreusement écharpés, le ressentiment que Dominique de Villepin dit ne plus ressentir pourrait bien renaître.