Valls/Macron : "Il y a une limite au règlement, c’est l’intérêt du pays !", assure Boutih

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Le vallsiste Malek Boutih, votera pour Emmanuel Macron au premier tour. Un choix fait dans l'intérêt du pays, selon lui, face à la menace que représente Marine Le Pen.

INTERVIEW

Manuel Valls s’est attiré les foudres de nombreux socialistes. En choisissant de voter Emmanuel Macron, invoquant la menace frontiste, l’ex-Premier ministre tourne définitivement le dos au socialiste Benoît Hamon, pourtant investi par la primaire de la gauche. Pour le député PS Malek Boutih, proche de l’ancien chef du gouvernement, la situation électorale justifie ce calcul politique. "Si le fait de ne pas être capable de voir la situation française, de voir la montée de l’extrême-droite, de la banaliser, de se dire qu’il est tout à fait normal que, dans un pays comme le notre, l’extrême-droite est la seule force politique garantie d’être au deuxième tour, voire de l’emporter, ne mérite pas un minimum de mouvement, alors il n’y a plus de raison d’être de la politique", a-t-il déclaré jeudi, au micro d'Europe 1.

"Je ne veux pas de Marine Le Pen comme présidente". "Il y a une limite au règlement, il y a une limite au petit entre soi de la politique, c’est l’intérêt du pays !", assure l'élu, tandis que de nombreuses personnalités de gauche ont dénoncé l'engagement trahi de Manuel Valls de soutenir le vainqueur de la primaire de janvier. Malek Boutih votera également pour le candidat d'En Marche! au premier tour. "Je ne suis pas un Tartuffe. Je ne vais pas défendre la position de Manuel Valls et dire : ‘Quant à moi, je vais faire comme les trois-quarts des mecs, me mettre dans le bunker en disant le contraire'. Je ne veux pas de Marine Le Pen comme présidente en France. C’est clair ! Je suis très déterminé, c’est ma priorité politique depuis des années", martèle-t-il.

Benoît Hamon, pas assez rassembleur. "Ce qui est consternant c’est qu’un grand parti de gouvernement soit en passe de passer sous les 10%, devienne inaudible, abandonne les siens", déplore également Malek Boutih qui critique la campagne du candidat socialiste, ancrée très à gauche. "En allant sur le même terrain que Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon a fait une erreur. Pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon est plus cohérent et plus talentueux", estime-t-il. "Il y a eu une semaine décisive, post-primaire. Cette semaine-là, si Benoît Hamon avait tendu la main à tous ceux qui l’entouraient, s’il avait réconcilié sa propre famille, s’il avait trouvé un équilibre, s’il s’était dit : ‘C’est une bataille très difficile, j’ai besoin des autres’, la campagne aurait été autre, pour lui et pour nous", ajoute le parlementaire.

La jeunesse d'Emmanuel Macron, une force. "L’appel à voter dès le premier tour pour Emmanuel Macron, ça n’est pas un débat intellectuel, c’est le danger d’une absence totale de représentation acceptable pour nous au deuxième tour de l’élection présidentielle", assure encore Malek Boutih, qui trouve néanmoins une qualité essentielle à l'ancien protégé de François Hollande : sa jeunesse. "Aujourd’hui, la jeunesse est un défaut dans le monde politique. Si vous êtes jeune, au travail, partout, la jeunesse est marginalisée. On vend beaucoup de produits pour faire croire aux gens qu’ils peuvent rester jeunes, mais aujourd’hui, il ne vaut mieux pas être jeune dans notre société. Moi je l'assume : avoir moins de 40 ans, avoir un peu d'insouciance, avoir un peu d’imagination, avoir un peu de liberté, jouer son va-tout, faire tapis comme l’on dit", explique l'ancien président de SOS Racisme.

"L’expérience, c’est utile jusqu’à une limite : quand ça suscite la peur et le conservatisme. Tous les présidents se ressemblent, tous les gouvernement se ressemblent, c’est ça dont les Français ne veulent plus", conclut-il.