Manuel Valls à la recherche d'un brevet de gauche

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Manuel Valls à la recherche d'un brevet de gauche
@ Reuters
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DISSERTATION - Le Premier ministre a prononcé un discours sur l'égalité, mercredi à Paris. Et tenté de convaincre sur la cohérence de ses prises de position.

Grand écart pour Manuel Valls mercredi. Après avoir défendu un projet de loi Macron aux accents libéraux lors d'une conférence de presse à midi, le Premier ministre s'est mis en quête d'un brevet de gauche le soir même. Manuel Valls participait à un débat organisé par la Fondation Jean Jaurès à Paris sur le thème de l'égalité. Un sujet sur lequel il a disserté à grand renfort de citations de Tocqueville, Hobbes et Rousseau.



Les "différences" avec la droite. Sa thèse : je ne suis pas de droite, donc je suis de gauche… En effet, "c'est dans ce rapport à l'égalité que la différence entre la gauche et la droite prend tout son sens", a affirmé le locataire de Matignon. "Je le dis parce que je vois bien la difficulté parfois, pour nos concitoyens, à percevoir ces différences".

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Les "armoires du passé". Antithèse : Manuel Valls est de gauche, mais il ne prononce pas le mot "socialiste". Les tenants de la "gauche passéiste" qu'il dénonçait en octobre dans un entretien à L'Obs, en prennent pour leur grade. "Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'être de gauche constitue simplement à rechercher dans les armoires du passé les réponses toutes trouvées aux défis d'aujourd'hui et de demain", a-t-il fustigé. "La gauche, c'est le progrès, le mouvement, la lucidité et le devoir de vérité".

"Un fil continu". La synthèse, Valls l'établit ainsi : "il y a un fil continu entre ce que je peux dire dans une interview au Nouvel Observateur, et ce que je dis ici ce soir, et les réformes qui sont les nôtres". Pour le Premier ministre, l'égalité, c'est "beaucoup plus important que de savoir si on met 5 ou 10 milliards ici ou là, et si la différence fondamentale est entre à 5 et 12 dimanches, si vous voyez ce que je veux dire". Un tacle appuyé aux "frondeurs" et autres rebelles du PS, prêts à batailler ferme sur le projet de loi Macron.

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