Une entreprise allemande conditionne son implantation en France à la non élection de Marine Le Pen

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Une entreprise allemande envisage de créer 300 emplois en Alsace mais à une condition : que le prochain président ne veuille pas quitter la zone euro. Dans le viseur du patron : la présidente du Front national.

La campagne de l'élection présidentielle n'est pas scrutée qu'en France. En Allemagne, une entreprise suit les événements avec attention. Elle envisage d'investir en Alsace et d'y créer 300 emplois mais à une condition : que Marine Le Pen ne devienne pas chef de l'Etat.

Clause suspensive. Tout est écrit dans un compromis de vente signé d'une part par une communauté de communes près de Mulhouse et d'autre part par cette société allemande qui fait de la vente de pièces automobiles sur internet. Elle voudrait construire en Alsace un centre logistique mais le contrat contient une clause suspensive : rien ne se fera si le prochain président de la République française manifeste avant la fin de l'année sa volonté de quitter la zone euro. De fait, dans le viseur, il y a la présidente du Front national.

"Le système". Avec des camions amenés à partir dans toute l'Europe - Luxembourg, Espagne, Italie -, le protectionnisme, les droits de douane et les temps d'attente aux frontières sont autant d'éléments décourageants pour l'investisseur allemand. Un dirigeant qui, d'après le conseiller régional FN Andrea Didelot, s'est fait berné par le système : "De manière générale, le discours catastrophiste rencontre un écho. On peut comprendre qu'on s'inquiète quand on lit les médias traditionnels et les économistes du système. Mais j'appelle à l'étude de notre programme dans le détail. Il ne dispose peut-être pas de tous les éléments qui lui permettent de trancher." Les élus locaux qui gèrent ce dossier souhaitent à l'inverse que les électeurs sachent que "si le FN passe, on va perdre beaucoup d'emplois."