Un référendum type "Brexit" pourrait-il avoir lieu en France ?

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A quelques semaines du vote britannique, le Front national propose la tenue d'une consultation sur le maintien de la France dans l'Union européenne.

LE DÉBAT

"On ne veut pas de cette Europe-là". Ce cri du coeur, c'est celui du délégué national du rassemblement Bleu Marine, Sébastien Chenu, mardi sur Europe 1. Alors que les Britanniques doivent se prononcer sur le fameux "Brexit" le 23 juin, le Front national envisage, s'il arrive au pouvoir, d'organiser un référundum sur un éventuel "Franxit"., La France "demandera alors à Bruxelles qu'on lui rende sa souveraineté monétaire et frontalière",  assure le délégué. "Si Bruxelles accepte, on discute pour avancer. Si Bruxelles refuse, on fait un référendum."

Une "diabolisation de l'Europe". Une proposition dangereuse pour Corinne Narassiguin, porte-parole du Parti socialiste : "Ce qui se passe au Royaume-Uni nous montre que l'on sombre assez rapidement dans le populisme et l'irrationnel", juge-t-elle, notant que "la crise des migrants interfère dans la réalité du débat, alors que le Royaume-Uni n'est pas dans la zone Schengen." Pour la représentante du PS, la "diabolisation" de l'Europe est une stratégie politique : "Depuis des décennies, tous les dirigeants européens de droite et de gauche ont toujours dit 'ce qui va mal, c'est de la faute de l'Europe et ce qui va bien, c'est grâce à moi'".

Un vote "sanction" ? Deuxième crainte pour Corinne Narassiguin, celle d'un "vote sanction" : "On voit bien, sur les référendums européens, que ce soit en France ou ailleurs, que l'on répond rarement à la question posée." Un argument jugé non recevable pour Sébastien Chenu, qui évoque notamment la consultation sur le projet de traité constitutionnel, en 2005 : "Aller au référendum, c'est louable, à condition d'écouter ce que vous disent vos compatriotes." Preuve, pour le délégué du rassemblement Bleu Marine, que "le système politique 'européiste' a peur du peuple".

"D'autres chemins possibles". "L'Europe ne sert qu'à créer l'inverse de ce qu'on nous a promis, c'est-à-dire pas de croissance, du chômage et de la misère", poursuit Sébastien Chenu, pour qui "il y a d'autres chemins possibles et les Britanniques nous les montrent". "C'est toujours difficile d'expliquer en quoi les choses auraient été pires s'il n'y avait pas eu l'Europe", répond Corinne Narassiguin. "Mais les Français savent que pendant la crise financière, s'il n'y avait pas eu la protection de l'Europe et de la zone Euro, la situation aurait été plus grave."

La porte-parole socialiste reconnaît enfin que l'UE, "trop technocratique", "manque de sens aujourd'hui" mais rappelle que François Hollande s'est engagé à faire de nouvelles propositions sur la dynamique européenne, au lendemain du référendum britannique. Et quelle qu'en soit son issue.