Travail : pour Mailly, "il va falloir que le gouvernement s'explique"

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Le leader de FO a dénoncé au micro d'Europe 1 les pistes envisagées par l'exécutif quant à la réforme du code du Travail, et révélés mercredi par "Libération". Un document sans valeur politique a fait savoir le gouvernement.

INTERVIEW

Le gouvernement a-t-il mis toutes les cartes sur la table ? Libération publie mercredi un document issu de la Direction générale du travail et adressés au ministère du Travail, détaillant les pistes sur lesquelles planche l'exécutif quant à sa réforme du code du Travail. Des pistes bien plus radicales que ce qui a été annoncé. "Je me pose des questions pour être franc", a réagi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière au micro d'Europe 1 mercredi. "FO est une organisation réformiste exigeante, à partir du moment où, à la différence de la loi Travail l'année dernière, on est rentré dans la concertation, on a commencé à discuter des choses, je l'ai souligné positivement, mais quand je lis ce qui sort dans Libération ce matin je dis : 'halte au feu !'".

Selon ce documents, l'exécutif plancherait notamment sur une personnalisation des motifs de licenciement au niveau de l'entreprise, une négociation des modalités d'application des CDD au niveau de l'entreprise, la primauté de l'accord d'entreprise sur le contrat de travail, ou encore la possibilité pour l'employeur d'organiser un référendum sans passer par les syndicats. Un document qui "n’a aucune valeur politique et n’engage en rien le gouvernement", a réagi de son côté le ministère du Travail.

"Ces pistes-là ne sont pas acceptables". "Je suis contre, ça c'est du all inclusive pour le patronat. Si ce sont des pistes et que ça reflète l'état d'esprit du gouvernement, ce qu'il veut faire, les concertations vont vite tourner à l'impasse. Ça n'est pas possible, on ne peut pas rentrer dans une logique anglo-saxonne. Alors que le ministre a dit hier qu'il faut protéger le modèle social, là c'est complètement l'inverse", poursuit le syndicaliste. "Ces pistes-là ne sont pas acceptables, il y avait une vraie volonté de discuter, jusqu'à présent c'était le cas, j'espère que c'est encore le cas, mais il va falloir que le gouvernement s'explique d'une manière ou d'une autre".

L'avertissement de FO. "Je demande au gouvernement qu'il révise sa position, on ne peut pas rester sur cette logique-là", martèle-t-il encore. "À partir du moment où on met les choses sur la table, on rentre dans la concertation […] mais à condition que les thèmes à discuter soient discutables, que des compromis peuvent être possibles. Si ça va sur des orientations de ce type, la concertation sera très compliquée, on va vite rentrer dans une impasse. Si c’est ça le programme, qu'ils discutent avec le patronat, on fera autre chose", lance Jean-Claude Mailly qui évoque de possibles manifestations. "Je n'exclus rien".