Thierry Breton : "le Gouvernement a provisionné le risque" face à la grogne sociale

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Thierry Breton : "le Gouvernement a provisionné le risque" face à la grogne sociale
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Pour l'ancien ministre de l’Economie et des Finances, la CGT favorise une minorité et fait "payer les réformes" à la majorité en bloquant le pays.

Les profs augmentés, les collectivités locales moins rabotées que prévu, des signes d'apaisement donnés à la SNCF... François Hollande achèterait-il la paix sociale pour faire face au bras de fer qui l'oppose de manière durable à la CGT sur la loi Travail ? Thierry Breton, ancien ministre de l’Economie et des Finances et PDG du groupe informatique Atos, s'est exprimé au micro d'Europe 1, samedi, dans l'émission C'est arrivé cette semaine.

Déficit : "le décrochage de la France inquiétant". L'ex-ministre des Finances observe cette tentative de retour au calme dans "toutes les catégories sociales. Hélas, c'est une méthode française, dans laquelle François Hollande excelle, avec quelque chose de nouveau par rapport au passé : le gouvernement annonce d'abord qu'il va raboter massivement les enveloppes puis revient sur une partie. On provisionne le risque", poursuit l'homme politique, qui souligne que le déficit sera impacté par ce système. D'où l'inquiétude des partenaires européens et notamment de Bruxelles. "Il faut s'en inquiéter, le décrochage de la France par rapport à l'Allemagne, notre principal partenaire politique, est extrêmement inquiétant pour l'avenir."

"S'appuyer sur les contestataires".Dans ce bras de fer qui oppose le Premier ministre Manuel Valls et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sans qu'aucun ne veuille lâcher du lest, Thierry Breton imagine d'ores et déjà l'issue. "La CGT, syndicat né du Conseil de la Résistance qui a joué un rôle pendant la guerre et la reconstruction, n'arrive plus depuis des années à se réinventer et opère toujours de la même façon : elle va chercher des contestataires au sein du gouvernement " pour s'appuyer sur eux, dit-il. "Souvenez-vous du CPE, qui était une bonne loi portée par Dominique de Villepin, je le redis, et qui a été mise à mal parce qu'il y a eu une connivence objective entre les sarkozystes et la CGT".

"Protection d'une catégorie". La manière d'agir de la CGT aboutit toujours, d'après l'ancien ministre, à la protection d'une catégorie : le rail, l’énergie, des secteurs hérités du Conseil de la Résistance, au détriment des autres "qui payent les réformes", avec en toile de fond la capacité de la CGT à "bloquer le pays". En outre, l'ancien ministre soutient le gouvernement dans sa fermeté. "Je pense d'ailleurs que l'article 2 (de la loi El Khomri) est un bon article et que le gouvernement le défendra en lâchant ce qu'il faut lâcher autour".