"Tenue de ville" exigée pour les députés à l'Assemblée

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"Tenue de ville" exigée pour les députés à l'Assemblée
@ BERTRAND GUAY / AFP
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Le port de tout signe religieux "ostensible" est par ailleurs désormais interdit dans l'hémicycle.

La tenue vestimentaire des députés dans l'hémicycle du Palais Bourbon devra rester "neutre" et "s'apparenter à une tenue de ville", et le port de tout signe religieux "ostensible" est désormais interdit, a-t-il été décidé mercredi. Suivant la proposition du président de l'Assemblée François de Rugy (LREM), le bureau de l'institution, composé de 22 députés de tous bords, a modifié en ce sens son "instruction générale", après de longs débats, a-t-on appris auprès de plusieurs participants.

La tenue "doit rester neutre". "La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l'hémicycle doit rester neutre et s'apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être prétexte à l'expression d'une quelconque opinion. Est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d'un uniforme, de logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Après des "coups d'éclats médiatiques", François de Rugy avait affirmé en fin d'année qu'"à partir du moment où l'autorégulation ne suffit pas, le bureau (...) rappellera(it) des règles". Le port début décembre par l'Insoumis François Ruffin d'un maillot vert de l'Olympique Eaucourt, petit club amateur d'Eaucourt-sur-Somme, lui avait valu une sanction pécuniaire.

"Dans l'hémicycle, l'expression est exclusivement orale." Dans les mois précédents, les élus LFI s'étaient illustrés en brandissant le Code du travail pour dénoncer sa réforme, ou cinq euros de conserves et autres paquets de pâtes contre la baisse des APL. Comme le prévoyait déjà l'instruction générale, "dans l'hémicycle, l'expression est exclusivement orale" et "l'utilisation à l'appui d'un propos de graphiques, de pancartes, d'objets ou d'instruments divers est interdite", rappelle la présidence.

Sur les signes religieux ostensibles, il ne s'agit pas de "raviver" des débats sur la laïcité, avait précisé en amont la présidence. "Pour l'instant, il n'y a pas de problème, donc c'est une précaution" et "on ne peut pas faire moins que les écoles" sur ce sujet, a estimé auprès de l'AFP Yves Jégo (UDI-Agir) au sortir de la réunion.

Une décision jugée "d'arrière-garde". Pour sa part, l'Insoumise Clémentine Autain a donné son appui à l'interdiction de ces signes religieux et des marques commerciales mais s'est dite "atterrée" pour le reste, jugeant notamment "absurde" le terme de tenue "neutre". "Je conteste le principe d'une réglementation qui m'apparaît d'arrière-garde et qui n'a qu'un objectif, c'est de museler l'opposition qui, en effet par un certain nombre d'images symboliques, a rendu populaires des idées", a-t-elle déclaré.