Tapie expose ses vérités dans un livre

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Tapie expose ses vérités dans un livre
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EXTRAITS - Dans son livre paru jeudi, l’homme d’affaires joue carte sur table.

Ce qui ne tue pas rend plus fort, dit le dicton. L’enquête sur l’arbitrage qui lui a permis de récupérer plus de 400 millions d’euros ne semble pas affaiblir Bernard Tapie. Au contraire, l’homme d’affaires est plus remonté que jamais : "je n’aspirais qu’à la paix. On me déclare la guerre. Soit. Je vais me défendre, et attaquer à mon tour", promet-il dans son livre paru ce jeudi "Un scandale d'État, oui ! Mais pas celui qu'ils vous racontent". Europe1.fr en a sélectionné quelques extraits.

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Pourquoi il a soutenu Sarkozy. Ses nombreuses visites à l’Elysée ont alimenté la polémique. Tout comme son soutien à l’ancien président ont étonné. Bernard Tapie s’en explique : "j’ai pris publiquement position pour Nicolas Sarkozy  (….) car la France traverse une zone de graves turbulences économiques. Il m’a donc semblé qu’elle avait besoin d’un capitaine pour gros temps, d’un président de crise". S’il n’a pas cautionné "toutes les mesures prises par la majorité entre 2007 et 2012", l’homme d’affaires a "fait un choix". Il aurait "pu le garder pour lui, par prudence", mais "ce n’est pas [son] tempérament."

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Pourquoi il s’est éloigné de la gauche. Ministre de la Ville de François Mitterrand, de 1992 à 1993, Bernard Tapie, "par [son] origine, [son] origine populaire, [son] éducation", se sent "attaché à la gauche lorsqu’elle est synonyme de solidarité, de justice, de fraternité." Pourquoi n’a-t-il donc pas soutenu François Hollande alors ? Parce que lui est "à mille lieues de la gauche officielle, de la gauche académique, celle des dogmes et des idéologies, celle qui déclare la guerre à la finance, celle qui se donne l’entreprise comme ennemi, celle qui divise au lieu de rassembler."

Pourquoi il attaque les médias. Le tout nouveau patron des journaux du sud de la France - "un magnifique défi" autant qu’une "belle opération économique" - n’a pas de mots assez durs pour qualifier le rôle joué par les médias dans "l’affaire Tapie". "Certains médias, comme à leur habitude, ont pris le relais des juges d’instruction (…) De bribes d’informations en prétendus révélations, les journaux construisent ce qu’annonce la couverture des magazines : 'la nouvelle affaire Tapie'. (… ) Les médias ne me pardonnent pas d’avoir survécu à leurs attaques. Le jour où j’irai déposer plainte pour cambriolage, il se trouvera bien quelques organes de presse pour titrer : ‘Tapie de nouveau entendu par la police pour une affaire de vol'.

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Pourquoi il a pensé au suicide. "Qu’est-ce que vous voulez ? Que je me suicide?", tempêtait Bernard Tapie dans le Journal du Dimanche, la semaine dernière, avant de se montrer plus rassurant : "je ne ferais ce plaisir à personne...". Pourtant,  dans son ouvrage, il cite à de nombreuses reprises le nom de Pierre Bérégovoy (photo), ancien Premier ministre de François qui s’est suicidé, après un intense lynchage médiatique. "Finalement, avec le recul, son destin n’est-il pas parallèle au mien ? J’avoue qu’il m’est arrivé de penser au suicide, moi aussi. Pourtant, Dieu sait que ce n’est pas dans mon caractère", confie Bernard Tapie.

Pourquoi il est une victime. Au fil de ces 229 pages d’argumentation, Bernard Tapie martèle son innocence, et assure même ne pas avoir "coûté un sou au contribuable à qui j'ai au contraire rapporté beaucoup". L’ancien ministre sait que les 45 millions d’euros de préjudice moral ont du mal à passer dans l’opinion publique, car "c’est un peu comme attribué un prix de vertu à Al Capone". Des comparaisons sont effectuées. Alors il s’adresse "à toutes les personnes directement concernées par ces malheurs de la vie et visées par les comparaisons obscènes faites à leur propos. Je veux présenter des excuses, même si je ne suis en rien responsable des bêtises proférées sur les plateaux de télévision", estime-t-il, avant de tenter, maladroitement, de justifier le montant touché : "les plus malheureux d’entre eux peuvent comprendre qu’il y a une différence entre la victime d’un accident parfaitement fatal et celui qui subit pendant si longtemps – 20 ans aujourd’hui – un acharnement ayant pour objectif avoué son élimination".