Tapie, DSK, Cahuzac : une démission, et après ?

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Tapie, DSK, Cahuzac : une démission, et après ?
@ Max PPP
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Avant Jérôme Cahuzac, d'autres ministres ont été contraints de démissionner. Que sont-ils devenus ?

L'INFO. Le ministre du Budget a démissionné mardi soir après l'ouverture dans l'après-midi d'une information judiciaire contre X pour "blanchiment de fraude fiscale" dans une affaire dans laquelle apparaît son nom. Suspecté d'avoir ouvert au début des années 2000 un compte en Suisse, l'ancien ministre a réaffirmé avec fermeté son innocence. Jérôme Cahzusac n'est pas un cas isolé. L'occasion pour Europe1.fr de revenir sur les précédentes démissions de ministres impliqués dans des scandales ou des affaires judiciaires. Et sur le sort des ministres démissionnaires.

# LA JURISPRUDENCE BEREGOVOY-BALLADUR

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Tapie et l'affaire Toshiba-France. Bernard Tapie est le premier à s'être vu appliquer ce qu'il est désormais convenu d'appeler la jurisprudence "Bérégovoy-Balladur". Jurisprudence qui veut qu'un ministre mis en examen, ou en passe de l'être, ne reste pas en fonction. Le 23 mai 1992, Bernard Tapie, ministre de la Ville de Pierre Bérégovoy, démissionne ainsi une semaine avant son inculpation dans l'affaire Toshiba-France, un litige privé et commercial. >> L'affaire se termine par un non-lieu.

Carignon et l'affaire de la Lyonnaise des Eaux. Le 17 juillet 1994, Alain Carignon, ministre de la Communication dans le gouvernement Balladur, présente sa démission peu avant sa mise en examen pour "recel et complicité d'abus de biens sociaux" dans une affaire liée à la Lyonnaise des Eaux. >> Il sera condamné à cinq ans de prison dont 1 avec sursis et passera 29 mois en prison.

Longuet et l'affaire du financement du PR. Le 14 octobre 1994, Gérard Longuet, ministre de l'Industrie d'Edouard Balladur, donne sa démission, après des enquêtes préliminaires sur sa villa de Saint-Tropez, et l'ouverture d'une information judiciaire sur le financement du Parti républicain. >> Il bénéficiera lui aussi d'un non-lieu.

Rossin et l'affaire des fausses factures. Le 12 novembre 1994, Michel Roussin, ministre de la Coopération du gouvernement Balladur, démissionne deux jours avant d'être mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire des fausses factures des HLM de Paris et des Hauts-de-Seine. >> Il bénéficiera d'un non-lieu pour cette affaire.

# LES PLUS MARQUANTES

DSK et l'affaire de la MNEF. C'est l'une des démissions les plus célèbres : celle de Dominique Strauss-Kahn, le 2 décembre 1999. Impliqué dans l'affaire de la MNEF, le ministre de l'Economie du gouvernement Jospin  est soupçonné d'avoir présenté de faux documents pour justifier une activité de conseil. "Pour moi, il n'est pas concevable qu'un ministre puisse continuer d'exercer ses missions alors qu'existe à son encontre un soupçon donnant lieu à une procédure judiciaire. Je souhaite m'expliquer rapidement devant la justice", avait-il déclaré à la télévision. >> Il sera finalement relaxé.

DSK annonce sa démission à la télévision :

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© Maxppp

Georges Tron et l'affaire des "massages de pieds". C'était le 29 mai 2011, après plusieurs mois de polémique autour de l'enquête ouverte contre lui pour "agression sexuelle et viol", Georges Tron démissionne du gouvernement. Tout avait commencé par les accusations de deux anciennes employées de la mairie de Draveil, à l'époque dirigée par Georges Tron. Depuis, l'ancien secrétaire d'Etat à la Fonction publique de Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles. >> Aucun renvoi devant un tribunal n'a encore été décidé.

>> A lire - Georges Tron a démissionné

MAM et l'affaire des vacances tunisiennes. Quelques mois avant l'affaire Georges Tron et en pleine révolte tunisienne ce sont les vacances de Michèle Alliot-Marie qui défrayent la chronique. L'ex-ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy est accusée d'avoir voyagé aux frais du chef de la Tunisie de l'époque, le très contesté Ben Ali. S'en suit une série de bourdes qui conduisent à la démission de la ministre le 27 février 2011. Elle est remplacée par Alain Juppé, nouveau poids-lourd du gouvernement. >> L'affaire n'a pas eu de suites judiciaires.

MAM passe le témoin à Alain Juppé :

# ET LES AUTRES

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© Reuters

Christian Blanc et l'affaire des cigares. Leur démission intervient en même temps : le 4 juillet 2010. Alain Joyandet et Christian Blanc, respectivement secrétaire d’Etat à la coopération et au Grand Paris dans le gouvernement Fillon sont rattrapés par leur utilisation des deniers de l’Etat. Alain Joyandet est épinglé pour avoir loué un avion privé pour la somme de 116.000 euros pour un voyage aux Antilles. Christian Blanc, quant à lui, quitte son poste, soupçonné d'avoir acheté 12.000 euros de cigares cubains sur des fonds publics. >> Christian Blanc a été contraint de rembourser les cigares par son Premier ministre.

>> A lire - Blanc et Joyandet démissionnent

Hervé Gaymard et l'affaire du logement de fonction. L'affaire avait débuté le 16 février 2005 après les révélations du Canard enchaîné selon lequel Hervé Gaymard vivait dans un duplex parisien de 600 m2, loué 14 000 euros aux frais de l'Etat. Dix jours plus tard, le ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie du gouvernement Raffarin, démissionne. >> L'affaire n'a pas eu de suites judiciaires.

La-cour-de-cassation-confirme-la-condamnation-de-Pierre-Bedier

Pierre Bédier et l'affaire d'abus de biens sociaux. L'affaire avait donné lieu à une condamnation. Le 21 janvier 2004, Pierre Bédier, secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice, démissionne du gouvernement Raffarin après sa mise en examen pour "corruption passive et recel d'abus de biens sociaux" dans l'enquête sur des marchés publics dans les Yvelines. >> Il sera condamné à 18 mois de prison avec sursis.

Donnedieu de Vabres et l'affaire de financement illégal de parti. Renaud Donnedieu de Vabres, à l'époque ministre des Affaires européennes, est quant à lui mis en examen dans une affaire de financement illégal du défunt Parti républicain (PR). Le 17 juin 2002, il quitte le gouvernement Raffarin où il ne sera resté que cinq semaines. >> Il est relaxé des faits de "complicité d'infraction à la législation sur le financement des partis politiques", mais déclaré coupable de blanchiment (amende).