Syrie : bisbilles entre Fabius et Le Drian

  • A
  • A
Syrie : bisbilles entre Fabius et Le Drian
@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Partagez sur :

Le Quai d'Orsay plaidait pour le statu quo en Syrie. Mais le ministère de la Défense a eu gain de cause auprès de François Hollande, qui a annoncé des vols de reconnaissance.

Face à la menace de l'Etat islamique, des avions français ont entamé mardi des vols de reconnaissance en Syrie, comme l'a annoncé François Hollande en début de semaine. Un dossier qui fait l'objet de tensions au sein du gouvernement. Selon les informations d'Europe 1, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n'a pas franchement apprécié d'être doublé sur ce dossier par son homologue de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Besoin de renseignements. Un affrontement se déroulait depuis plus d'un an entre le Quai d'Orsay et le ministère de la Défense sur ce dossier. Laurent Fabius estimait qu'il ne pouvait y avoir d'intervention en Syrie tant que Bachar al-Assad restait au pouvoir. Jean-Yves Le Drian, plaidait quant à lui pour donner la priorité à la lutte antiterroriste. Depuis plusieurs mois, les militaires et les services de renseignement font le forcing pour obtenir des vols de reconnaissance car ils ont besoin d'informations sur les implantations de l'EI en Syrie. En effet, les Américains ne communiquent pas tous leurs renseignements à leurs alliés français.

Fabius pas associé à la décision. Au-delà du fond, c'est aussi la méthode que Laurent Fabius n'a pas digérée. Le principe de l'intervention aérienne en Syrie a été acté la semaine dernière lors de deux conseils de Défense restreint, convoqués en urgence alors que Laurent Fabius était à l’étranger. Le ministre des Affaires étrangères n'a donc pas pu assister à ces deux réunions décisives.

Y a-t-il pour autant une guerre Le Drian-Fabius au sein de l'exécutif ? Non, d'abord parce que les frappes ne devraient pas avoir lieu tout de suite, histoire de ménager le Quai d'Orsay. Mais aussi parce que les deux ministres s'estiment. En réalité, Laurent Fabius en veut surtout à François Hollande, à qui il reproche d'avoir trop facilement cédé au lobbying des militaires.