Revivez le troisième débat de la primaire de la droite

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Les sept candidats à la primaire de la droite se sont affronté lors d'un troisième et ultime débat avant le premier tour, jeudi soir. 

L'ESSENTIEL

C'était leur dernière occasion de convaincre avant le premier tour de la primaire à droite, dimanche 20 novembre. Alain JuppéNicolas SarkozyBruno Le MaireFrançois FillonJean-François CopéNathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson se sont retrouvé, jeudi soir, dès 20h55, pour un troisième débat organisé par France 2, Europe 1 et la presse quotidienne régionale. 

>> Le troisième et dernier débat de la primaire avant le premier tour est terminé. Merci d'avoir suivi ce minute par minute.

23h35 : Chaque candidat a entre une et deux minutes pour conclure. C'est Jean-Frédéric Poisson qui débute. "Le redressement de notre pays passe par des mesures énergiques, mais qui ne sont pas nouvelles. L’ensemble des concurrents ont eu l’occasion d’affirmer qu’ils tiendraient leurs engagements, et la situation actuelle de la France ne permet pas de dire que ces engagements ont été tenus. Je veux être le président de la France qui tient ses engagements. Je vous en fais la promesse", lance-t-il. "Des choses énergiques, fermes constantes, doivent être faites. Je suis prêt à cette énergie, à cette fermeté, à cette constance." 

Alain Juppésuit. "Pour que cette France qui est en forme entraîne la France qui peine, il faut des réformes et je suis prêt à les faire; Je veux libérer nos entreprises des freins qui les empêchent d'embaucher et moderniser notre Education nationale", affirme le maire de Bordeaux. "Pour faire tout cela, il faudra me donner un mandat clair. Si vous me faites confiance, j'agirais vite, d'abord avec des ordonnances, et je gouvernerais fermement. Pour réussir, il faudra aussi rassembler, cela a été l'esprit de toute ma campagne, rassembler la droite et le centre. Je vous demande dimanche prochain d'aller voter en masse. Il faudra que notre diversité se conjugue avec un vrai sentiment d'unité."

La parole est àJean-François Copé. "J’ai bâti un projet, nourri de mon expérience, autour d’une idée simple : rétablir le commandement de notre pays. Mon idée est simple : l’idée d’une France décomplexée. Je rêve que dans le 5-10 années qui viennent, la France renoue avec sa grandeur. Et nous avons une opportunité fantastique, à condition de nous occuper de ceux qui doivent être protégés. Je propose un contrat aux Français. Par ordonnance, je prends les 15 décisions qui débloquent le pays", promet-il, avant de convoquer Napoléon et le cosmonaute Thomas Pesquet. "Nous sommes 220 ans après le pont d’Arcole, quand l’armée française devait franchir un pont en flammes. Un général, qui s’appelait Bonaparte, a dit aux soldats qu’il avait besoin d’eux. Il a pris le drapeau, est passé le premier. L’armée a suivi. Je prépose qu’on fasse ensemble un nouveau pont d’Arcole. Qu’on le fasse un peu en regardant les étoiles, parce que Thomas Pesquet nous a montrés que la France peut être belle en regardant les étoiles.

Au tour de Bruno Le Maire de s'exprimer. "Dans la situation où est la France aujourd'hui, face au chômage de masse, à la détérioration des déficits, de la dette, la meilleure solution, c'est l'audace", lance le député de l'Eure. "L'audace de transformer notre classe politique, de mettre fin au monopole syndical, de restaurer l'autorité de l'Etat, de la loi, de la règle. De transformer en profondeur notre école, pour que plus aucun enfant ne décroche et ne soit exclu du système scolaire. L'audace de réaffirmer notre culture contre un islam politique qui ne cesse de progresser. De réaffirmer ce qu'est être Français, de réaffirmer le rôle de la France qui doit exercer un leadership sur la construction européenne. L'espoir que va susciter la primaire sera à la mesure de l'audace dont vous ferez preuve au moment du vote. Je compte sur vous pour vous mobiliser et faire gagner cette audace."

Puis Nicolas Sarkozy s'exprime. Sans surprise, il met en avant son expérience d'ancien président de la République. "Le monde qui s’annonce ne fera aucun cadeau à la France. J’ai connu la difficulté de gouverner la France au moment de la crise sans précédent 2008-2010.2017 peut être un nouveau départ. Je veux incarner ce nouveau départ. La France a besoin d’autorité, je pense que j’ai cette autorité. La France a besoin d’énergie, je pense que j’ai cette énergie. La France a besoin d’expérience, je pense que j’ai cette expérience", explique-t-il. "La France a besoin de rassemblement. J’ai repris en main ma famille politique au moment où elle était en lambeaux, à cause d’une opposition d’une violence sans précédent entre deux de mes concurrents. j’ai construit patiemment ce rassemblement. Je veux une France qui se retrouve. C’est à vous de faire le choix. J’ai confiance dans votre choix."

A son tour, François Fillon prend une dernière fois la parole, fort de son statut de nouveau favori. "J'ai toujours dit la vérité aux Français. J'ai un programme qui n'est pas facile, mais c'est le seul qui permettra la réussite de notre pays, car c'est le seul qui rend la liberté aux Français. La liberté de travailler, de réussir, d'éduquer ses enfants dans le respect des traditions et des valeurs françaises. C'est le seul programme capable de redonner l'espoir à la jeunesse parce qu'on ne lui laissera pas une dette insupportable et un pays gouverné par les extrémismes. Nous, les Français, nous sommes fiers et n'aimons pas qu'on nous dicte nos choix. Alors je dis aux Français qui vont voter dimanche prochain : n'ayez pas peur. N'ayez pas peur de contredire les sondages et les médias qui avaient déjà tout arrangé à votre place. Ne faites pas de calcul, ne choisissez pas de voter pour un candidat pour un éliminer un autre. Choisissez de voter pour vos convictions. C'est le seul choix digne de vous et de la France."

Enfin, Nathalie Kosciusko-Morizet conclut le débat, et début de manière surprenante, en admettant qu'elle n'a aucune chance de gagner. "Mes chers compatriotes, tous mes concurrents ici proclament ou ont proclamé à un moment ou à un autre qu'ils allaient gagner la primaire, quand bien même ils savaient que c'était faux. Pour ma part, je sais que ça ne sera pas le cas. Et dès lors, certains se demandent à quoi bon voter pour moi. Au premier tour, on choisit. Il y a plusieurs projets qui sont proposés. Il y a la revanche, la nostalgie, la déprime, un renouveau qui voudrait se limiter à changer les hommes. Moi je propose une autre voie", assure-t-elle. "Certains s'auto-proclament porte-parole de la majorité silencieuse. Mais la majorité silencieuse, c'est d'abord la jeunesse, qui ne va plus voter. C'est toutes celles et tous ceux qui fuient la politique. C'est à vous, la majorité silencieuse que je veux m'adresser. Cette primaire, en fait c'est la vôtre. Vous pouvez décider que ce soit la vôtre. Au premier tour, faites confiance à vos idées, et dimanche, choisissez la nouvelle France."  

23h21 : Bruno Le Maire s'empêtre sur le renouveau. Le député de l'Eure déroule ses arguments sur la nécessité du renouveau. Mais il s'empêtre à la fin. "Il faut beaucoup de maturité pour être président de la République. Et j’ai derrière moi plusieurs années de vie politique", dit-il. "Donc tu n’es pas un perdreau de l’année", glisse François Fillon. "C’est le moment où on arrive à l’inverse de ce qu’on voulait démontrer", persifle à son tour NKM. 

23h14 : Echange Juppé-Sarkozy sur l'immigration. Nicolas Sarkozy estime qu’Alain Juppé n’a pas pris la mesure de "l’incandescence" de la colère des Français, quand il parle d’identité heureuse. L’ancien président de la République répète sa volonté de suspendre le regroupement familial. "Prendre le problème de l’immigration par le regroupement familial, c’est le petit bout de la lorgnette", rétorque Alain Juppé, qui préfère insister sur le renvoi des clandestins dans leur pays. L’un des rares échanges entre deux des favoris de la primaire.

23h05 : Juppé s'oppose à Fillon sur la réduction du nombre de fonctionnaires. Bon gré, mal gré, les candidats s'engagent dans la partie débat de la soirée. Alain Juppé estime que la promesse de réduire de 500.000 le nombre d'emplois publics "n'est pas réaliste". "Cela passera par l'augmentation du temps de travail de 35 à 39 heures", explique l'ancien Premier ministre. "Je ne suis pas convaincu", répond le maire de Bordeaux. Pour NKM, "il y a quelque chose de surréaliste dans ce débat". La députée de l'Essonne met elle l'accent sur le périmètre de l'action de l'Etat. Ses adversaires approuvent. 

22h48 : Le redécoupage territorial version Hollande brocardé. Le débat ne s'anime pas beaucoup plus quand il s'agit d'évoquer la réforme territoriale. Sans surprise, les divergences ne sont pas évidentes, et c'est François Hollande qui en prend pour son grade. "La façon dont il a agi est ahurissante", lance NKM." Fait n'importe comment", tranche de son côté Jean-Frédéric Poisson.  "Ni fait ni à faire", abonde Bruno Le Maire, qui souligne toutefois que ce n'est pas à son avis la priorité des Français. Jean-François Copé, lui, plaide pour la fusion des départements et des régions, ce dont se félicite Nicolas Sarkozy, puisque sous son madat, la droite l'avait décidé, mais la gauche avait annulé la réforme. François Fillon rappelle qu'il proposait cette réforme depuis 2000, et argumente dans ce sens. 

22h33 : Fillon et Sarkozy pour une allocation unique, pas Juppé. Après l'éducation, place au social. Et le RSA est dans le viseur. "Je souhaite qu’on change le RSA, qu’on fasse une allocation unique", propose Nicolas Sarkozy. Avec une condition : "que personne ne gagne plus de 75% du Smic". François Fillon, qui estime que la priorité est la lutte contre le chômage, plaide lui aussi pour une allocation unique, "gérée par les départements et totalement personnalisée". Alain Juppé fait entendre sa différence et plaide lui pour un "compte personnalisé" qui prendrait en compte toutes les allocations. L'ancien Premier ministre rejoint Nicoals Sarkozy quand il affirme que les prestations reçues ne doivent pas excéder les revenus d'un travail potentiel. 

22h15 : Copé veut "dépister" les délinquants. Que faire pour améliorer la discipline à l'école ? Jean-François Copé estime qu'il y a "un travail de dépistage à faire très tôt" pour repérer les "perturbateurs". "Si on est sur des perturbateurs très graves, il y aura besoin de les mettre dans les centres éducatifs fermés." En outre, le maire de Meaux préconise le recrutement de policiers supplémentaires. "Je préconise que tous les enfants de France aient, à intervalles très réguliers, la possibilité de chanter l'hymne national, de saluer le drapeau tricolore" et d'avoir un uniforme, complète-t-il.

22h00 : BLM isolé sur l'école. Bruno Le Maire voudrait "professionnaliser" le cursus scolaire dès le collège. "J'estime que dès la sixième, il faut laisser à chaque enfant la possibilité de découvrir son talent", déclare-t-il. "Deux heures par semaines", le député de l'Eure voudrait donc que les adolescents puissent découvrir des métiers. Une proposition qui fait bondir Nathalie Kosciusko-Morizet. "Le collège unique est une bonne chose", répond-elle. Puis, elle s'adresse directement à Bruno Le Maire : "ce n'est pas vrai qu'à l'âge de 11 ans, tu aurais poussé tes enfants à voir s'ils voulaient devenir mécaniciens ou pâtissiers."

"Si on supprime le collège unique, cela veut dire qu'on fait deux collèges, un pour les bons et un pour les moins bons", renchérit Alain Juppé. "Je m'y refuse." Pour François Fillon aussi, le problème ne se situe pas au niveau du collège unique. "L'échec de l'école n'est pas lié au collège mais à l'échec de l'apprentissage des fondamentaux", déclare-t-il. "C'est la faute d'une caste de pédagogues prétentieux qui ont pris en otage nos enfants au nom d'une idéologie égalitariste. Il faut qu'à l'école primaire, 75% du temps soit consacré à l'apprentissage des fondamentaux."

21h48 : Sarkozy vante le nucléaire. Nicolas Sarkozy est pro-nucléaire et compte le faire savoir. "La France n'a aucune leçon à recevoir car elle a une filière nucléaire qui lui fait honneur. C'est une filière propre", assène-t-il. Selon lui, cette question fait l'objet d'un consensus de tous les présidents de la Ve République, sauf l'actuel. "Honte sur François Hollande", conclut l'ancien chef de l'État. François Fillon, lui aussi, ne veut pas réduire la part du nucléaire dans la production énergétique. "On ne ferme aucune centrale tant que l'Autorité de sûreté nucléaire ne le demande pas", prône-t-il.

21h45 : Copé épingle l'Europe. Jean-François Copé part dans une violente diatribe contre l'Union européenne. "Sur la question de l'immigration, il n'y a pas besoin d'un traité, on ne va pas recommencer à faire quelque chose à 27", lance-t-il. Selon lui, il faut mettre "des garde-frontières" et "s'occupe(r) nous du droit d'asile". "Le libre-échange, c'est bien gentil, mais sortons de la naïveté. Il faut qu'on se protège", complète le maire de Meaux.

Alain Juppé ne partage pas ce constat cinglant. "Il faut consolider la zone euro en harmonisant notre fiscalité et en définissant un socle de droits sociaux", notamment pour permettre d'en finir avec la problématique des travailleurs détachés, estime-t-il. "Enfin, il faut se poser la question fondamentale de ce que nous avons en commun." Le maire de Bordeaux voudrait donc organiser un "Congrès des consciences" européen pour "élaborer une nouvelle Europe" pour "repartir sur un pied nouveau". 

21h38 : NKM et BLM défendent...la Défense. Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire s'accordent sur un point : la France doit soigner sa Défense. "La France est l'un des quelques pays qui a une grande armée, peut se projeter, mener des actions extérieures", estime ainsi la députée de l'Essonne. Selon elle, c'est d'autant plus vrai que le Royaume-Uni s'apprête à sortir de l'Union européenne, et que la France se retrouve donc dans la position de leader européen en matière de Défense. Bruno Le Maire, lui, "propose de porter à 2% du PIB le budget de la Défense". 

21h30 : Juppé fustige l'accord avec la Turquie. L'accord signé entre l'Union européenne et la Turquie sur la question des migrants est inacceptable pour Alain Juppé. "La France a été totalement absente de cette négociation, nous avons accepté des conditions qui n'étaient pas acceptables", estime-t-il. Selon lui, "la Turquie n'a pas sa place dans l'Union européenne". Or, cet accord comprenait des dispositions pour relancer le processus d'intégration d'Ankara au sein de l'UE. 

21h25 : Fillon prône le rapprochement avec les Russes. François Fillon ne bouge pas d'un iota sur la question d'une alliance avec la Russie pour résoudre la crise libyenne. "Il faut une coalition avec les Russes, bien sûr", martèle l'ancien Premier ministre. Et ce d'autant plus, selon lui, que les Etats-Unis vont se rapprocher de Moscou avec Donald Trump au pouvoir. Jean-François Copé, quant à lui, estime qu'il faut "réécrire notre feuille de route diplomatique". Selon lui, la question du sort de Bachar El-Assad n'est pas "la priorité". "Dans la hiérarchie des ennemis, il y en a un au-dessus de tous les autres, qui s'appelle l'Etat islamique."

21h15 : Vif échange entre Sarkozy et Pujadas. Nicolas Sarkozy goûte peu l'une des questions de David Pujadas. Ce dernier lui a en effet demandé si, "oui ou non", il avait "reçu de l'argent liquide de la Libye comme l'a affirmé Takieddine ?" La réponse est cinglante. "Quelle indignité", lâche Nicolas Sarkozy. "Nous sommes sur le service public. Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation ? Ce n'est pas l'idée que je me fais du service publique. C'est une honte."


Sarkozy interrogé sur Takkiedine : "une...par Europe1fr

21h13 : Macron dans le viseur. Emmanuel Macron, désormais candidat officiellement à la présidentielle, en prend pour son grade jeudi soir. "Macron est un problème pour la gauche", balaie Alain Juppé, refusant d'en faire son allié. "Moi je rassemble la droite et le centre. Monsieur Macron est le co-auteur de la désastreuse politique économique menée depuis 2012." Nathalie Kosciusko-Morizet ne se montre pas plus tendre. "Macron a été participant, acteur au plus haut niveau de la politique de François Hollande."


Europe 1 Livepar Europe1fr

21h : Trump au cœur du débat. Les sept candidats sont d'abord interrogés sur la récente élection de Donald Trump à la présidence américaine. Pour François Fillon, cet événement doit être pris comme une opportunité par le prochain président français. "Nous avons beaucoup de contentieux avec les EU, et cela date d'avant Monsieur Trump", déclare-t-il. "Le moment est venu, avec l'élection de monsieur Trump, de dire stop et de mettre en place une relation transatlantique beaucoup plus équilibrée." Jean-Frédéric Poisson, quant à lui, estime que le résultat de l'élection américaine devait être interprété comme un signe que "le politiquement correct ne peut plus avoir droit de cité dans la vie publique". "Lorsqu'on n'écoute pas les peuples, les peuples se vengent", analyse Bruno Le Maire.

Nathalie Kosciusko-Morizet, en revanche, se montre plus offensive vis-à-vis du nouveau président américain. "Ce qui était détestable dans les propos de Trump l'est toujours. Il a été élu, mais cela ne nous oblige pas à lui ressembler." Nicolas Sarkozy réagit également vivement. "La première puissance du monde va défendre ses intérêts avec davantage d'agressivité. On doit en tirer les conséquences", assène-t-il, réclamant que l'Europe tape du poing sur la table pour se faire entendre.