Statut UMP : Copé et Fillon d'accord

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Statut UMP : Copé et Fillon d'accord
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L'accord, conclu "dans un climat positif", sera soumis à l'approbation des militants.

L'INFO. De frères ennemis, ils sont devenus alliés de circonstances. Près de cinq mois après avoir trouvé un premier accord permettant à l'UMP de sortir de la crise dans laquelle l'élection de son président l'avait plongée, François Fillon et Jean-François Copé ont annoncé mardi soir avoir trouvé un accord sur les nouveaux statuts du parti. Ceux-ci seront soumis à l'approbation des militants.

L'image de la réconciliation. Comme pour mieux afficher leur paix retrouvée, François Fillon et Jean-François Copé ont opté pour une déclaration commune, à l'issue de la réunion, au siège du parti. "Cela s'est passé dans un climat extrêmement positif et constructif après plusieurs mois de travail, on a maintenant abouti sur tous les sujets qu'il était indispensable d'aborder", a assuré le député-maire de Meaux. "Je confirme ce que vient de dire Jean-François Copé. Nous avons maintenant des statuts (…) qui correspondent parfaitement au souhait qui était notamment le mien à la suite de l'élection à la présidence de l'UMP", le 18 novembre dernier, a réagi François Fillon. Un peu plus tard, sur son blog, l'ancien Premier ministre s'est encore félicité que son parti "soit remis sur des rails démocratiques solides".

A chacun ses échéances. Comme le décryptait mardi l'éditorialiste politique d'Europe 1 Caroline Roux, les deux anciens frères ennemis ont fini par sceller un accord et se sont répartis les rôles, chacun ayant son échéance. "A Jean-François Copé le parti, le rôle de premier opposant, la bataille des municipales. A François Fillon le long chemin solitaire vers la présidentielle de 2017", résumait Caroline Roux.

>>> Que prévoit cet accord sur les statuts ?

 

L'hypothèse d'un nouveau vote s'éloigne. Soucieux d'éviter un nouveau psychodrame, Jean-François Copé et François Fillon ne souhaitent plus un nouveau vote pour la présidence de l'UMP. L'idée d'un report fait son chemin depuis déjà quelque temps : les partisans de Jean-François Copé, qui a tout intérêt au statu quo, l'entretiennent, et ceux de François Fillon se résignent insensiblement à un choix de raison. Le scénario d'un report en 2014 ou 2015 profiterait à l'un comme l'autre. Le député-maire de Meaux, dont le mandat court théoriquement jusqu'en novembre 2015 aux termes des anciens statuts, verrait son rôle de chef de l'opposition conforté et serait en première ligne dans la bataille des municipales. Quant à François Fillon, qui craint, selon des proches, d'"abîmer" à nouveau son image dans une confrontation à l'issue incertaine, il pourrait désormais se concentrer sur son unique objectif : la présidentielle de 2017.

Une primaire ouverte. Les nouveaux statuts prévoient que tout prétendant à l'investiture présidentielle, y compris un ancien président de la République sauf s'il est sortant, passe par les primaires. De fait, si Nicolas Sarkozy voulait revenir en 2017, il lui faudrait donc passer par la case primaire. Par ailleurs, afin d'exclure les candidatures fantaisistes, participer à la primaire nécessitera 200 parrainages (parlementaires, élus régionaux, maires..). Et comme pour la primaire socialiste, les électeurs devront signer une "charte des valeurs" et payer une somme modique, qui n'est pas encore connue.

Une haute autorité. Celle-ci aura en charge l'organisation et le contrôle des scrutins internes nationaux. Selon l'entourage de Jean-François Copé, la haute autorité sera dirigée par "une personnalité extérieure" au parti et comprendra des membres non encartés et des membres de l'UMP, désignés par le bureau politique du parti à la majorité qualifiée des deux-tiers.