Second tour de la primaire de la droite : Hommage de Fillon à Juppé, après une poignée de mains

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Second tour de la primaire de la droite : Hommage de Fillon à Juppé, après une poignée de mains
François Fillon et Alain Juppé ont échangé une poignée de mains, dimanche, après la victoire du premier. @ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Selon des résultats provisoires, basés sur le dépouillement de 10.007 bureaux de vote, François Fillon a récolté 66,5% des suffrages, largement devant Alain Juppé, qui n'en a recueilli que 33,5%. 

L'ESSENTIEL

Arrivé en tête avec 44% des voix dimanche dernier, François Fillon était le grand favori du second tour de la primaire de la droite. Il a transformé l'essai. A 0h57, sur 10.007 bureaux de vote dépouillés, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy récolte 66,5% des suffrages. Le maire de Bordeaux, lui, 33,5%.

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       Les trois infos à retenir : 

  • François Fillon est largement en tête selon des résultats provisoires, avec 66,5% des voix. Sa victoire a été saluée par de nombreuses figures politiques

  • Les bureaux de vote ont tous fermé à 19 heures

  • La participation était en hausse de 4,5% à 17 heures 

23h05 : Près de 10.000 bureaux de vote dépouillés. Sur 9.882 bureaux de vote, François Fillon recueille 66,5% des suffrages quand Alain Juppé pointe à 33,5%. 

22h33 : Fillon devancerait Le Pen à la présidentielle. La totalité des bureaux ne sont pas encore dépouillés que tombent déjà les premiers sondages sur la présidentielle. Selon une enquête Harris Interactive, François Fillon devancerait Marine Le Pen au premier tour du scrutin, avec 26% d'intentions de vote, contre 24% pour la présidente du parti frontiste. Suivent Emmanuel Macron (14%) et Jean-Luc Mélenchon (13%), loin devant François Hollande (9%) et François Bayrou (6%). 

Au second tour, François Fillon l'emporterait largement face à Marine Le Pen, avec 67% des suffrages contre 33%. 

22h09 : Henri Guaino se déchaîne contre le programme de Fillon. Ils sont tous les deux issus de la même famille politique, et pourtant, cela devient difficile à croire tant la charge est violente. Henri Guaino, député des Yvelines, a pilonné le programme de François Fillon sur Europe 1 dimanche. "On peut se revendiquer du général de Gaulle, ça ne fait pas de soi un gaulliste. On peut se revendiquer l'ami de Philippe Séguin, ça ne fait pas de soi un séguiniste. Il faut quand même être sérieux, regardez ce qu'ont été les combats de Philippe Séguin pendant des années et comparez au programme qui nous est proposé aujourd'hui." Henri Guaino, qui n'avait pas réussi à obtenir les parrainages nécessaires pour participer à la primaire de la droite et a donc décidé de se lancer directement dans la course à l'Élysée, a indiqué qu'il "combattrait" ce projet "avec toute [son] énergie, jusqu'au bout". 

"Avec un programme pareil, les classes populaires et les classes moyennes ne vont pas aller voter pour cette droite là. Ça n'est pas ma droite. C'est une droite qui n'a aucune générosité, aucune humanité. Nicolas Sarkozy avait beaucoup de défauts, mais il avait plus d'humanité, au moins. Le programme de François Fillon, c'est une purge comme on n'en a jamais proposé depuis la Seconde Guerre mondiale. Je suis tellement navré de voir ma famille politique se diriger dans cette direction."


21h58 : Bayrou émet des doutes sur le projet de Fillon. François Bayrou avait promis de soutenir Alain Juppé si ce dernier gagnait la primaire de la droite. Comme ce n'est pas le cas, le président du MoDem va-t-il se présenter directement à la présidentielle ? Le maire de Pau a semblé préparer le terrain en envoyant dimanche soir un communiqué dans lequel il dit émettre de sérieux doutes sur le projet de François Fillon. Selon lui, le programme de ce dernier "pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société". 

21h52 : François Fillon est désormais à 66,9% de suffrages. Quelque 9.334 bureaux de vote ont été dépouillés et François Fillon récolte 66,9% des voix. Alain Juppé, lui, recueille 33,1% des suffrages. Le maire de Bordeaux n'arrive en tête que dans trois départements : la Corrèze, la Gironde et la Guyane.

21h45 : Poignée de mains entre Fillon et Juppé. Alain Juppé et François Fillon sont arrivés à la Haute autorité de la primaire, pour échanger deux poignées de main. Reprenant la parole chacun leur tour, les deux candidats ont salué notamment le bon déroulement du scrutin. "Je veux remercier Alain Juppé pour ce qu’il est, c’est-à-dire un homme d’Etat, le remercier pour les mots qu’il vient d’avoir pour moi, et dire combien j’ai du respect pour lui et combien je compte sur lui pour cette bataille qui commence", souligne aussi François Fillon. Puis le candidat à la présidentielle, qui présentait une petite marque au nez, s'est permis un petit blague pour finir. "Ce n’est pas Alain Juppé qui m’a blessé, ce sont les photographes il y a quelques instants", a-t-il lancé. 

21h28 : "Peut-être qu'on aurait pu éviter ce second tour". Eric Ciotti, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, se réjouit de la victoire de François Fillon, qu'il tient à "féliciter". Mais le député des Alpes-Maritimes n'en démord pas. "Peut-être qu'on aurait pu éviter ce second tour", souligne-t-il sur Europe 1. Selon lui, Alain Juppé aurait pu (dû) se retirer après le premier tour, voyant l'avance prise par son concurrent.

21h17 : Plus de 8.000 bureaux de vote dépouillés. Les résultats s'affinent d'heure en heure. Après dépouillement de 8.081 bureaux de vote, François Fillon récolte 67,4% des voix, contre 32,6% pour Alain Juppé. 

21h10 : "La victoire me revient", clame Fillon. François Fillon a prononcé son discours de victoire peu après 21 heures. "La victoire me revient et c'est une victoire de fond et de conviction", a-t-il lancé devant une salle survoltée. "Depuis trois ans je trace ma route. Et progressivement, j'ai senti cette vague qui a brisé tous les scénarios écrits d'avance." Déclarant vouloir "mettre un terme" à un "quinquennat pathétique" de François Hollande, François Fillon a souligné qu'il aurait "besoin de tout le monde" pour assurer l'alternance. "Ce soir, j'ai une pensée particulière pour Nicolas Sarkozy. J'adresse à Alain Juppé un message d'amitié, d'estime et de respect. Alain est un homme d'État et il le reste."

21h05 : Juppé reconnaît sa défaite. C'est d'une voix parfois légèrement chevrotante qu'Alain Juppé a acté sa défaite, dimanche soir, devant des militants. "Même si le résultat n'est pas à la hauteur de mes espérances, je termine cette campagne en homme libre, qui n'aura transigé ni avec ce qu'il est, ni avec ce qu'il pense", a-t-il lancé sous les applaudissements. "Je félicite François Fillon pour sa large victoire. Comme je m'y étais engagé, je [lui] apporte dès ce soir mon soutien. Je lui souhaite bonne chance pour sa campagne présidentielle et la victoire en mai prochain." Le maire de Bordeaux, qui a dit vouloir "se consacrer pleinement à [sa] tâche" d'édile, a esquissé son retrait de la vie politique nationale.

21 heures : Alain Juppé "doit être un peu triste ce soir". Edouard Philippe, soutien du maire de Bordeaux, a tenu à saluer Alain Juppé sur Europe 1. "Quand on perd une élection, ce n'est jamais agréable. Surtout quand on se bat, qu'on donne tout pendant une longue période de temps." Selon lui, l'ancien ministre des Affaires étrangères "doit forcément être un peu triste ce soir". "Je partage sa tristesse, mais c'est la vie politique."

20h53 : Sarkozy salue la victoire de Fillon. Nicolas Sarkozy, qui avait appelé à voter pour son ancien Premier ministre après sa défaite au premier tour, a réagi via un communiqué à sa victoire. Adressant à François Fillon ses "sincères félicitations", il lui "souhaite bonne chance pour le combat politique qui l'attend". "Le moment est venu pour notre famille politique de se rassembler pour garantir l'alternance", poursuit-il, assurant également Alain Juppé de ses "pensées amicales". 

20h47 : Plus de 5.000 bureaux dépouillés. Quelque 5.307 bureaux de vote ont été dépouillés sur 10.229. François Fillon pointe toujours à 68,4% des suffrages, tandis qu'Alain Juppé en a récolté 31,6%. 

20h41 : Le FN se réjouit malgré tout. La victoire quasi actée de François Fillon à la primaire de la droite est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le Front national. Certains y voient un obstacle, le programme très à droite de l'ancien Premier ministre étant de nature à siphonner des voix à l'extrême droite. Mais Florian Philippot, vice-président du parti, a fait bonne figure sur Europe 1 dimanche soir. "C'est un candidat où il y a beaucoup d'angles d'attaques", déclare-t-il. "On va rentrer dans les semaines, les mois qui viennent dans le débat et les gens vont découvrir son programme. Ils vont découvrir des attaques très lourdes contre la Sécurité sociale, l'augmentation de la TVA, 500.000 fonctionnaires en moins, la suppression légale du temps de travail."

Marine Le Pen, de son côté, a également réagi. En déplacement à La Réunion, la présidente du FN a dit avoir "toujours pensé" que François Fillon "serait un très bon candidat" face à elle au second tour de la présidentielle. "C'est le pire programme de casse sociale qui n'ait jamais existé, le pire."

20h35 : "On peut dire que Fillon a gagné". De plus en plus de bureaux de vote font remonter leurs résultats. François Fillon recueille désormais, après dépouillement de 3.565 bureaux, 68,7% des suffrages, contre 31,3% pour Alain Juppé. "On peut dire que François Fillon a gagné cette élection, c'est assez net", reconnaît Edouard Philippe, soutien d'Alain Juppé, sur Europe 1. "Il faut le féliciter. Ce n'est pas la peine d'entretenir un suspense qui à mon avis n'existe plus. 2.000 bureaux à 70-30, ça veut dire qu'il a gagné et c'est assez net."

20h20 : Fillon en tête selon des résultats provisoires. Anne Levade a pris la parole, peu après 20h20, pour donner les premières tendances. Sur 2.121 bureaux de vote dépouillés, François Fillon récolte 69,5% des suffrages. Alain Juppé, lui, 30,5%. S'il ne s'agit là que de résultats provisoires, l'avance de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est si considérable qu'il semble plus qu'improbable que le maire de Bordeaux puisse inverser la tendance.

19h50 : L'heure de penser (déjà) au rassemblement. Le résultat n'est pas encore connu que, déjà, il est l'heure de penser à l'après primaire. "Aujourd'hui commence le plus difficile", souligne Frédéric Lefebvre, soutien d'Alain Juppé, sur Europe 1. "Aujourd'hui commence le rassemblement de nos compatriotes. Le pays est en attente de nouvel espoir de réformes. Il va falloir additionner l'ensemble des sensibilités. La finalité d'une primaire, c'est pas de prendre un parti politique mais de préparer une présidentielle. Il ne faut laisser aucune sensibilité sur le bord de la route."

Reste qu'il ne sera pas forcément facile de se rabibocher. La campagne d'entre-deux tours a été plus que pugnace. "Alain Juppé a jeté toute son agressivité dans la bataille", a rappelé la journaliste politique du JDD Anna Cabana. Et les arguments du maire de Bordeaux comme ceux de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy pourraient être réutilisés par la gauche dans le cadre de la présidentielle.

19h20 : Le profil des électeurs semblable à celui de dimanche dernier. Pour ce second tour, une question restait en suspens : les électeurs de gauche qui s'étaient déplacés au premier tour, beaucoup pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, allaient-ils retourner aux urnes ce dimanche ? Selon un sondage Elabe pour BFM TV, 15% des personnes qui ont voté au second tour se disent de gauche, 64% de droite ou du centre, 12% sans préférence et 9% proches du Front national. Soit des chiffres assez similaires à ceux du premier tour. "La composition du corps électoral n'est pas de nature à renverser la table, même s'il faut être prudent", note ainsi Jérôme Fourquet sur Europe 1. 

19h15 : À qui profite la participation ? La hausse de participation de ce second tour de la primaire à droite inquiète certains, rassure d'autres...et laisse tout le monde perplexe. Et pour cause, nul ne sait à qui cela peut bien profiter. "Soit c'est une mobilisation supplémentaire de l'électorat gauche pour faire barrage à François Fillon, soit on a un apport nouveau d'électeurs de droite qui ne s'étaient pas déplacés la semaine dernière", explique Jérôme Fourquet de l'Ifop sur Europe 1. Au QG de François Fillon, si tous les proches de l'ancien Premier ministre affichent de la sérénité, cette augmentation de la participation n'a pas été sans susciter quelques questions.

19 heures : Les bureaux sont fermés. Les 10.228 bureaux de vote, répartis sur l'ensemble du territoire, ont fermé à 19h. Les jeux sont faits pour les deux candidats. Les premiers résultats devraient être publiés à partir de 20h30 par la Haute autorité de la primaire, puis régulièrement actualisés.

18h50 : La participation en hausse. A 17 heures, près de 3 millions d'électeurs se sont rendus dans les bureaux de vote. Selon la Haute autorité de la primaire, 2.926.425 personnes ont voté, soit 4,5% de plus que la semaine dernière. Ce chiffre a été comptabilisé sur 78% des bureaux de vote. 

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