Sarkozy presse les élus locaux

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Sarkozy presse les élus locaux
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Le président va proposer aux collectivités locales un pacte de stabilité de leurs dépenses.

La rencontre risque d'être animée. Nicolas Sarkozy réunit vendredi les représentants des communes, des départements et des régions pour leur proposer son "pacte de stabilité". Un pacte dans lequel les collectivités locales s'engageraient à maîtriser leurs dépenses. En fonction des bons ou mauvais résultats enregistrés, les dotations de l'Etat - qui représentent 35% des ressources des collectivités locales - seraient modulées.

"Nous envisagerons un certain nombre de mesures"

Le chef de l'Etat considère que les collectivités locales ne font aujourd'hui pas assez d'efforts en matière de réduction des déficits publics. Il les avait d'ailleurs expressément visées, lors de son entretien télévisé, le 29 janvier. “Il y a trois facteurs de déficit. L'État, on s'en occupe. La Sécurité sociale, qui a fait des efforts considérables sur la réforme des retraites. Reste les collectivités territoriales. Nous envisagerons un certain nombre de mesures…”, avait menacé Nicolas Sarkozy, évoquant des dotations de l'Etat modulés "en fonction de leur sagesse en matière de gestion".

Les collectivités dénoncent un mauvais procès

Lors de ce même entretien, Nicolas Sarkozy avait mis en parallèle les 160.000 postes supprimés dans la fonction publique d'État depuis son arrivée à l'Élysée, en 2007 aux quelque 500.000 emplois créés de 1998 à 2009 par les collectivités territoriales “sans aucun transfert de compétences”.

A gauche comme à droite, on ne veut pas entendre parler de modulation des dotations de l'Etat en fonction d'une bonne ou mauvaise gestion. "Le Parlement a voté le gel des dotations jusqu'en 2014. On n'ira pas plus loin", a prévenu dans le Monde le député UMP du Val-de-Marne Gilles Carrez, président du Comité des finances locales. Les présidents de l'Assemblée des départements de France et de l'Association des régions de France, Claudy Lebreton et Alain Rousset, tous deux socialistes, ont dénoncé, eux, le "mauvais procès" que leur ferait le chef de l'Etat.