Sarkozy : "la France mettra en œuvre" la réforme

  • A
  • A
Sarkozy : "la France mettra en œuvre" la réforme
@ REUTERS
Partagez sur :

Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa fermeté, bien que le Sénat ait repoussé le vote à jeudi.

Après les nombreuses sorties médiatiques des membres du gouvernement ce week-end, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de monter au créneau pour faire preuve de fermeté sur la réforme des retraites. Le président de la République l’a répété, lundi en marge d'un sommet Paris-Berlin-Moscou à Deauville : la réforme ira à son terme.

L’exécutif reste ferme

"Cette réforme est essentielle, la France s'y est engagée, la France la mettra en œuvre comme nos amis allemands ont mis en œuvre il y a quelques années la réforme des retraites", a martelé Nicolas Sarkozy à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation.

"Il est parfaitement normal et naturel que ça crée des inquiétudes et des oppositions", a-t-il reconnu, avant d’ajouter : "mais c'est normal aussi et naturel qu'un gouvernement démocratique, dans une démocratie parlementaire, s'assure que les automobilistes trouveront de l'essence et qu'il n'y aura pas d'affrontements, parce que dans une démocratie, l'affrontement n'est jamais quelque chose de positif"

Le débat s’enlise, le Sénat temporise

Avec encore près de 500 amendements à examiner, le Sénat a repoussé lundi pour la seconde fois la date du vote du projet de loi sur les retraites, prévu désormais "jeudi soir" dans le scénario le plus optimiste.

Initialement, le vote du texte devait intervenir le vendredi 15 octobre. Mais, l'opposition mène depuis le début une guérilla dans l'hémicycle, ferraillant alinéa après alinéa. Gérard Longuet, président du groupe UMP, estime donc que le vote de la réforme pourrait finalement se tenir "jeudi soir".

Les mesures sur la pénibilité adoptées

Le Sénat a néanmoins réussi à adopter lundi soir le coeur des dispositions pénibilités, qui doivent permettre à certains salariés ayant un taux d'incapacité physique de continuer à partir à la retraite à 60 ans.

La gauche a vivement attaqué ce dispositif. "Permettez que je vous dise notre indignation, votre texte entretient la logique de marchandisation des corps et des vies, c'est l'achat de la dégradation des corps, combien pour ne plus être capable d'enfiler sa veste tout seul, combien pour cracher ses poumons jusqu'à la fin de ses jours", a lancé le socialiste Raymonde Le Texier.

"Vous avez substitué invalidité à la pénibilité, voilà la réalité", a renchéri la présidente du groupe communiste et du parti de gauche (CRC-SPG) Nicole Borvo Cohen-Seat. "L'invalidité est une notion médicale, des critères de pénibilité existent: le travail de nuit, le travail à la chaîne ou l'exposition aux produits toxiques, là vous autorisez les malades ou mutilés à partir en retraite un peu plus tôt", selon le communiste Bernard Vera.