Sarkozy : "franchise" ou "grosses ficelles"

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Sarkozy : "franchise" ou "grosses ficelles"
@ REUTERS/MAXPPP
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Les propos du président de la République sont loués à droite et raillés à gauche.

A l’issue de l’intervention de Nicolas Sarkozy dans l’émission Paroles aux Français, chaque camp politique s’est attaché à jouer sa partition, faute d’annonces pouvant faire bouger les lignes.

UMP et gouvernement louent “le dialogue" et la "franchise“

Vendredi matin sur Europe1, Xavier Bertrand a estimé que le chef de l’Etat était "surtout en phase". "On voit bien ses priorités, mais surtout que les priorités des Français sont exactement les mêmes", assure le ministre du Travail. "Heureusement qu’on a eu la politique que l’on mené depuis 2007, sinon notre pays se serait retrouver à genou", a-t-il jugé.

François Fillon a aussi loué la "capacité d'écoute, de dialogue" et la "franchise" de Nicolas Sarkozy, estimant que le président avait prouvé "sa proximité à l'égard des préoccupations" des Français. "Nos concitoyens ont pu mesurer combien le volontarisme du président de la République s’ancrait dans les réalités françaises“, a-t-il estimé.

Alain Juppé a qualifié vendredi l'émission "d'intéressante et riche" l'émission. Sur son blog, le ministre de la Défense souligne "le net décalage entre les commentaires des 'observateurs' qui disent s’être ennuyés et l’intérêt soutenu que les téléspectateurs ont porté à l’émission".

"Sans éluder aucun des grands sujets qui préoccupent les Français, le président de la République a remis en perspective l'action de la majorité depuis 2007", a renchéri Christian Jacob, président du groupe UMP de l'Assemblée.

Même son de cloche du côté du Nouveau centre. "En s'efforçant de renouer le dialogue avec les Français, il s'est montré à l'écoute“, ont déclaré les centristes dans un communiqué, avant d’ajouter le pointe de réserve : “les annonces faites (…) ne doivent pas rester sans lendemain".

Le PS l’a trouvé “consternant“

"C'est assez consternant, j'ai entendu la même répétition de grosses ficelles de communication (...) Ce qu'on attend d'un président de la République, ce n'est pas de passer deux heures et demi d'émission à décrire des problèmes qu'il avait promis de régler et qu'il n'a pas réglés", a réagi l’ancienne ministre socialiste de la Justice Elisabeth Guigou.

Europe Ecologie-Les Verts a raillé un "Sarkozy Wikipedia : pendant la moitié de l'émission, c'est un ‘Président encyclopédie’, qui perd du temps à nous expliquer la maladie d’Alzheimer ou les chantiers navals“. Les écologistes ont notamment fustigé que Nicolas Sarkozy n’ait fait aucune proposition “sur le démantèlement des industries ou l'échec scolaire".

Président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a, lui, dénoncé un "président à bout de souffle, (qui) répète comme un disque rayé ses vieilles ficelles sécuritaires et ses compulsions législatives. Ce soir il vient d'inventer la responsabilité partagée des magistrats et des criminels dans la récidive“.

Bayrou : "mortellement ennuyeux"

"C'était mortellement ennuyeux", a lancé vendredi François Bayrou sur Europe1. "On avait l’impression qu’il fallait donner l’ordre du mérite aux gens qui tenaient jusqu’au bout de l’émission", a raillé le président du Modem. "On en venait à regretter les jaillissements et les coups de gueule qui étaient ceux de Nicolas Sarkozy avant". François. Bayrou a estimé que le chef de l'Etat avait été "saisi d'une lubie de mettre des jurés au tribunal correctionnel". "Ceci ne se fera pas", a-t-il affirmé. Le député béarnais a souligné à cet égard qu'il y avait en cour d'assises "à peu près 2.700 décisions par an, soit moins de 30 par département en moyenne".

"J’ai eu énormément de mal à rester éveillée pendant deux heures", a raconté Marine Le Pen au micro d'Europe 1. "Je le trouvais meilleur acteur avant. Là, on avait l’impression qu’il répétait son texte avec une certaine lassitude", a jugé la présidente du FN. "Il reste dans cette espèce de compassion qui finit par être quasiment dégoulinante sans qu'aucune solution ne soit apportée. (...) Il commente son propre échec", a-t-elle poursuivi.