Sarkozy et le "supplice chinois"

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Sarkozy et le "supplice chinois"
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En déplacement, le président a taclé certains ministres. Un vrai "supplice", selon Villepin.

Habitué des petites piques contre Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin n’allait pas rater une si belle occasion. Jeudi, l’ex-premier ministre a épinglé le président sur sa gestion des ressources humaines.

"Des ministres montrés du doigt"

"Désigner des sortants et tous les jours faire monter un peu plus la pression sur eux (…). C'est un supplice qui a été inventé par les Chinois mais qui me paraît tout à fait inapproprié dans une démocratie", a ironisé Dominique de Villepin.

Et l’ancien ministre d’enfoncer le clou. "C'est une grande première, un remaniement annoncé par anticipation avec un effet différé de plusieurs mois", a-t-il insisté avant de s’interroger : "Dans quelle situation sont aujourd'hui les ministres montrés du doigt, qui sont supposés devoir partir ? Dans quelle situation sont-ils vis-à-vis des Français, vis-à-vis d'eux-mêmes, mais surtout vis-à-vis de leur administration ?"

L’allusion aux cigares de Blanc

Quelques heures auparavant, en déplacement dans l’Aveyron, Nicolas Sarkozy s’en était pris, une nouvelle fois, à Christian Blanc, l’actuel secrétaire d'Etat au Grand Paris, qui s’est récemment fait épingler dans la presse pour s’être fait payer sa consommation de cigares par l’Etat.

Interpellé par un chocolatier du marché, qui lui faisait remarquer que "les chocolats, c'est moins cher que les cigares", Nicolas Sarkozy, qui ne boit ni ne fume jamais, à part un cigare de temps à autre, a en effet répliqué : "Ce sont mes cigares. Moi, je ne suis pas le genre à faire ça !"…

La veille Nicolas Sarkozy avait déjà fait plusieurs allusions acides à certains de ses ministres. "Certains comportements ministériels ne m'ont pas plu du tout. J'en tirerai les conséquences sévèrement au moment que j'aurai choisi", a en effet assuré Nicolas Sarkozy, devant les députés UMP, visant sans les citer Christian Blanc, Rama Yade et Alain Joyandet

Rama Yade dans son collimateur

Lors de cette réception, le chef de l'Etat a également donné l'impression que Rama Yade ne serait pas maintenue à son poste, lors du remaniement à l'automne prochain.

"Je le dis sous le contrôle de David Douillet : moi j'adore le sport !", a-t-il insisté. "Ben oui, et depuis que je suis secrétaire d'Etat aux Sports, je m'intéresse beaucoup à tout ça"...