Denis Baupin accusé de harcèlement sexuel : "il m'a plaquée contre un mur et a cherché à m'embrasser"

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La porte-parole d'EELV Sandrine Rousseau fait partie des femmes qui accusent le député Denis Baupin de harcèlement sexuel. Elle était l'invitée d'Europe 1, lundi.

INTERVIEW

"Il m'a plaquée contre un mur et a cherché à m'embrasser contre mon gré lors d'une réunion qui avait lieu à Montreuil, en 2011", a raconté Sandrine Rousseau, porte-parole d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), lundi, sur Europe 1. Elle fait partie des quatre femmes ayant témoigné auprès de Mediapart et France Inter, accusant Denis Baupin, député écologiste et vice-président de l'Assemblée nationale, de harcèlement sexuel. Plusieurs autres victimes présumées sont citées par ces médias de manière anonyme, évoquant des SMS graveleux et des gestes déplacés.

"On se sent très seule". "Je l'ai repoussé violemment et il n'a pas réitéré", poursuit l'ancienne tête de liste EELV dans la région Nord Pas de Calais-Picardie. Elle raconte ensuite une période où "on se sent très seule, très en fragilité." "Ce n'est que des années plus tard que l'on apprend qu'il y a plusieurs femmes, voire de nombreuses femmes, puisque depuis ce matin, je reçois encore des témoignages de femmes qui n'ont pas été interviewées par des journalistes et qui me disent qu'elles ont subi des gestes déplacés", assure-t-elle.

Une photo "obscène". Pourquoi avoir attendu si longtemps pour témoigner ? "Il y a eu cette photo du 8 mars", raconte Sandrine Rousseau. On y voit Denis Baupin posant avec du rouge à lèvre, pour défendre les droits des femmes. "Pour nous, elle a été obscène", explique-t-elle. La porte-parole confirme que la question du harcèlement a été évoquée lors d'un conseil fédéral d'EELV en 2015, sans qu'aucun nom ne soit évoqué. "C'est Emmanuelle Cosse (épouse de Denis Baupin, ndlr) qui avait mis fin au débat", se souvient-elle.

D'autres partis concernés ? Pour Sandrine Rousseau, la question du harcèlement sexuel n'est pas propre à EELV. "Souvenez vous qu'il y a un an, une tribune est sortie signée par des femmes journalistes politiques, qui rapportaient des faits  de sexisme voire de harcèlement", raconte-t-elle. "Dans l'avant-dernier paragraphe, elles disaient que tous les partis politiques étaient concernés sans aucune exception", poursuit la porte-parole. "A ma connaissance aujourd'hui, aucun autre parti ne s'est emparé de cette question."