Retraites : Hollande sème le trouble au PS

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Retraites : Hollande sème le trouble au PS
François Hollande a fâché les leaders socialistes en prenant ses distances avec le projet PS sur les retraites.@ MAXPPP
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La mise au point du candidat PS sur le départ à 60 ans a été mal reçue au sein de son parti.

La petite phrase de François Hollande sur les retraites n’en finit pas de créer des remous, même 48 heures après qu’elle a été prononcée. Lundi, sur RTL, le candidat socialiste à la présidentielle de 2012 a affirmé que seuls ceux qui auront cotisé 41 ou 42 ans pourront effectivement partir à 60 ans. Donc pas de départ possible avec décote avant 62 ans. Une "précision" qui a logiquement provoqué des critiques de la droite, mais qui surtout détonne avec le projet du PS, dans lequel le retour à la retraite à 60 ans est l’un des points les plus importants.

"La bonne version, c’est le programme socialiste"

Très vite, Marisol Touraine, chargée des retraites dans l’équipe de campagne de François Hollande, s'est avancée pour expliquer les propos de son champion. "Encourager des Français à partir avec de petites retraites, ça n’est pas quelques chose de positif", a-t-elle expliqué au micro d’Europe 1. "Je ne crois pas que la question de favoriser des retraites avec une décote soit une bonne perspective."

Mais dans les couloirs de l’Assemblée, Marylise Lebranchu ne semble pas avoir compris la même chose. "La bonne version, c’est le programme socialiste", martèle cette proche de Martine Aubry. "Il y a le Parti socialiste, le groupe parlementaire socialistes, et il y a aussi un candidat à la présidentielle. Je suis au clair par rapport au texte. Que le candidat ait une interprétation différente, je ne pense pas", a-t-elle certifié.

Hamon se démarque de Hollande

A l’entrée de la rue de Solferino, Bertrand Delanoë, lui aussi, se réfère au programme du parti "Je pense que la retraite à 60 ans fait partie des droits qui doivent être envisagés. C’est en tout cas ce qu’il y a dans le projet socialiste", assure le maire de Paris.

Clairement, il subsiste des ambigüités entre le parti et son candidat. Mardi, Martine Aubry a appelé François Hollande pour tenter d’accorder leurs violons. Mais en fin de journée, le parti a tenté, par la voix de son porte-parole, un passage en force. Benoît Hamon a en effet réaffirmé clairement le principe d’une retraite à 60 ans. Quitte à se démarquer nettement du candidat.