Reporters enlevés : la polémique enfle

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Reporters enlevés : la polémique enfle
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Claude Guéant a confirmé dimanche que "Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises, avait évoqué leur "imprudence coupable".

"Proprement inacceptables". C’est ainsi que la députée PS Aurélie Filippetti a jugé dimanche les propos tenus sur Europe 1 par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Ce dernier a assuré que les journalistes enlevés en Afghanistan le 30 décembre étaient "en vie", tout en dénonçant une "imprudence vraiment coupable" de leur part.

Pour Aurélie Filippetti, "les plus hautes autorités de l'Etat font ainsi preuve d'un véritable mépris pour la liberté de la presse" et "insultent l'ensemble des reporters de guerre". Alors que Claude Guéant a déclaré que le "scoop ne devait pas être recherché à tout prix", la députée socialiste lui a répondu que la mission d'informer est "vitale pour la démocratie".

Reporters Sans Frontières (RSF) et plusieurs syndicats de journalistes se sont également élevés dimanche contre les propos du secrétaire général de l'Elysée. "Comment peut-on, trois semaines après la disparition de nos confrères, continuer de les accuser d'avoir fait leur métier", s'est indigné Jean-François Téaldi, secrétaire général du SNJ-CGT de France Télévisions.

"C'est dangereux d'avoir ce genre de propos tenus par les hauts personnages de l'Etat", regrette Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation RSF, au micro d'Europe 1:


"Les journalistes font leur travail, que les politiques fassent le leur", a rappelé Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ, estimant que "c'était tout à l'honneur des journalistes d'aller exercer leur profession là où c'est le plus nécessaire".

> Retrouvez l’interview de Claude Guéant dans son intégralité.