Régionales : "Il n'y a pas de vrai gagnant"

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L'éditorialiste politique Olivier Duhamel analyse les résultats du second tour sur Europe 1.

INTERVIEW

Pas de vrai gagnant. C'est l'analyse de l'éditorialiste politique Olivier Duhamel lundi matin sur Europe 1, au lendemain du second tour des élections régionales.

Personne ne peut dire qu'il a gagné. Pour Olivier Duhamel, les scrutins des 6 et 13 décembre n'ont pas révélé de "vrai gagnant". "Le vrai perdant du second tour c’est le Front national, le vrai gagnant du premier tour c’est le Front national", souligne l'éditorialiste, rappelant tout de même que les chiffres de progression du parti de Marine Le Pen "sont très impressionnants". Si certains de ses militants se plaignent, le parti frontiste ne repart pas bredouille. Contrairement aux législatives et sénatoriales, les régionales se font à la proportionnelle, le FN aura donc des élus : "Ils ont 358 conseillers régionaux, le triple de ce qu’ils avaient avant, donc ils ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas représentés ", indique Olivier Duhamel.

La droite et le centre ne gagnent de leur coté que par le nombre de régions. "Arithmétiquement, les gagnants ce sont Les Républicains et l’UDI, puisqu'ils gagnent des régions et que ce sont eux qui vont gouverner le plus de régions". Une "courte victoire", analyse Olivier Duhamel, comparé à celle de la gauche en 2010 : "Regardez la victoire de la gauche en 2010, c’était une victoire éclatante. Elle gagnait toutes les régions sauf l’Alsace".

La gauche peut être "un peu consolée" par le fait qu’elle garde cinq régions, "ce qui est beaucoup". "Mais il ne faudrait pas qu’elle oublie que dans les cinq, il y en a deux voire trois où c’est grâce au Front national. Ce qu’elle gagne vraiment c’est la Bretagne, l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et éventuellement le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées", explique l'éditorialiste, avant d'ajouter : "Gagner à gauche une région parce que vous avez un Front national fort, il n’y a quand même pas de quoi se réjouir".

Le résultat du FN leur donne plusieurs avantages. Même si Marine Le Pen aurait sans doute "préféré gagner que perdre", pour Olivier Duhamel, la défaite permet au Front national "de se poser en victime" dans "des temps où les victimes sont préférées à tout et toute victimisation vous renforce". Enfin cela donne à sa présidente, les mains totalement libre pour la présidentielle de 2017.