Réforme de l'apprentissage : "Notre système ne tourne pas autour du jeune et de l'entreprise"

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La ministre du Travail, invitée mardi d'Europe 1, a lancé cette semaine une série de concertations en vue de réformer la formation professionnelle et l'apprentissage.

INTERVIEW

Le gouvernement veut ouvrir un nouveau chapitre de la réforme du monde du travail, en s'attaquant cette fois à la formation professionnelle et à l’apprentissage. "Aujourd'hui, on a 1,3 million de jeunes qui ne sont ni à l'école, ni à l'université, ni en emploi, ni en apprentissage. Les pays qui ont vaincu le chômage de masse des jeunes, ce sont des pays qui ont un apprentissage d'excellence", a relevé la ministre du Travail Muriel Pénicaud mardi au micro de Patrick Cohen dans Europe Matin. Cette dernière a d'ailleurs ouvert cette semaine un cycle de concertation sur le sujet. "Le but de la concertation avec les régions et les partenaire sociaux, ça va être de se mettre d'accord sur l'ambition et ensuite de savoir qui fait quoi et comment", explique-t-elle.

Un système trop contraignant. "Pour un jeune aujourd'hui, il est difficile de savoir quel est le niveau d'insertion, c'est-à-dire ses chances d'avoir un emploi et combien il gagnera. Il est difficile de trouver une entreprise, parfois de trouver un CFA [Centre de formation des apprentis, ndlr], on ne peut rentrer qu'en septembre ou en décembre, pas tout au long de l'année. Pour les entreprises, les diplômes ne correspondent pas toujours aux métiers qui ont évolué", détaille-t-elle. "Aujourd'hui, notre système ne tourne pas autour du jeune et de l'entreprise, c'est l'entreprise et le jeune qui doivent s'adapter au système", résume encore la ministre.

"Il y a plein plein plein [sic] de verrous qui expliquent pourquoi on n'arrive pas à faire de l'apprentissage une grande voie de réussite en complément de l'Education nationale, avec des passerelles entre les deux", déplore-t-elle, tout en se montrant confiante sur le travail engagé. "Il y a des blocages de tous ordres, on les a bien identifiés".

Des sources d'inspiration. Et pour ouvrir des pistes de réflexions, Muriel Pénicaud n'a pas hésité a emmené le mois dernier des représentants du patronat, des syndicats et plusieurs présidents de région en Suisse et au Danemark où le chômage des jeunes est bas. "Ça n'est pas un modèle, mais c'est une inspiration. Ça montre qu'un autre avenir est possible pour les jeunes, qu'il n'y a pas de fatalités, que l'on peut y arriver si on est tous résolut à le faire", conclut-elle.

>>> Retrouvez ci-dessous l'intégralité de l'interview de Muriel Pénicaud par Patrick Cohen :