Raffineries bloquées : "C'est le gouvernement qui est à l'origine des hostilités"

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L'ancien leader de la CGT Bernard Thibault a renvoyé le gouvernement à ses responsabilités pour expliquer le blocage des raffineries et dépôts de carburant contre la loi Travail.

INTERVIEW

"Il ne faut pas inverser la hiérarchie des responsabilités", a pesté Bernard Thibault, mardi matin sur Europe 1. L'ancien secrétaire général de la CGT réagissait aux propos de Manuel Valls qui dénonçait lundi le "chantage" d'une partie de la CGT, qui bloque des sites de carburant pour protester contre la loi Travail. "C'est le gouvernement qui est à l'origine des hostilités", a appuyé Bernard Thibault.

Solidaire à demi-mot. Désormais membre du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT), l'ancien leader syndicaliste a exprimé sa solidarité à l'égard de la CGT "qui affronte une période difficile, alors que le gouvernement fait preuve d'un autoritarisme effréné". Pour autant, Bernard Thibault s'est refusé à "soutenir ou à cautionner" le blocage des raffineries - dont la CGT est le principal moteur - ne s'estimant pas "légitime" pour commenter l'action de la direction de son ancien syndicat. 

Une mise en garde. Plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels Michel Sapin ou Emmanuel Macron, ont fustigé le "jusqu'au-boutisme" de la CGT. "C'est une posture classique de ministre", a balayé l'ancien leader CGT. "La majorité des Français est contre cette loi", a-t-il rappelé. Manuel Valls a par ailleurs déclaré mardi matin sur Europe 1 que les raffineries et dépôts de carburants "continueront d'être libérés". Parmi les syndicalistes, certains craignent déjà un recours aux réquisitions de personnels en grève pour débloquer la situation. "Après les réquisitions de personnels en grève dans les raffineries en 2010 décidées par M. Nicolas Sarkozy, l’OIT a dit à la France 'Vous êtes en infraction avec la convention de 1987'", a-t-il rappelé. "J’espère que le gouvernement saura que ça ne fait pas partie des dispositions auxquelles il peut recourir".

Bernard Thibault a par ailleurs mis en garde le gouvernement sur des conséquences politiques. "Tous ceux qui ont procédé ainsi sur des réformes du travail se sont fait bouler aux élections suivantes".