Quel avenir pour François Hollande après l'Élysée ?

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Peu intéressé par un retour à la politique locale, le président, qui a choisi de ne pas se représenter, pourrait viser une mission à l'international.

L'ÉDITO POLITIQUE

Il est le premier président de la Ve République à renoncer à se présenter à sa réélection après avoir fait seulement un mandat. François Hollande, qui va adresser aux Français ses derniers vœux présidentiels le 31 décembre, en a-t-il fini avec la politique ? Cela paraît impensable pour un homme que son propre fils qualifie de "bloc de politique". La politique, c'est toute la vie du chef de l'État en exercice. Il ne sait pas faire autre chose.

Pas de retour à la politique locale... Nul ne s'étonnera qu'il continue donc à défendre ses idées. Si on ne devrait pas l'entendre dans le combat de la primaire, François Hollande s'exprimera en revanche pendant la campagne présidentielle. Et après ? La première hypothèse serait celle d'un retour à la politique par le local. Comme Valéry Giscard d'Estaing qui, battu en 1981, était redevenu conseiller général du Puy-de-Dôme, puis député de l'UDF. Giscard avait l'Auvergne, Hollande a la Corrèze. Et notamment la ville de Tulle, où il est retourné une vingtaine de fois depuis son élection. Mais ce scénario, personne n'y croit à l'Élysée. Le président l'a souvent exclu en privé. 

...ni de conférences grassement payées. Pas question non plus de donner des conférences bien rémunérées pour des banques ou des cercles d'affaires, option choisie par Nicolas Sarkozy après 2012. François Hollande n'est pas intéressé par la réussite financière. De même, il a prévenu qu'il ne siégerait pas au Conseil constitutionnel. 

Du bizut du G8... En réalité, le président souhaiterait exercer une mission à l'international. Quand on lui demande ce qui l'a le plus marqué au cours de son mandat, c'est la guerre au Mali, le sauvetage de la Grèce en Europe, le bras de de fer sur l'Ukraine ou la Syrie et, enfin, la COP 21. Un paradoxe lorsqu'on se souvient que l'international était précisément son point faible en 2006, face à un Dominique Strauss-Kahn patron du FMI. On moquait alors son mince carnet d'adresses à l'étranger et son manque de vision  géopolitique. Ses premiers pas un peu gauche au G8, aux Etats-Unis, après son élection, avaient aussi suscité des railleries. Le seul président en cravate - ce qui lui avait valu les moqueries de Barack Obama - celui qui n'avait pas les codes, c'était lui.

...à la stature internationale. Cinq ans après, François Hollande s'est imposé sur la scène internationale. Pour lui, le sens de son action future s'inscrit dans cette dimension-là. Il y a une échéance en juin : Donald Tusk, président du conseil européen, arrivera au terme de son mandat. C'est peut-être encore un peu tôt pour François Hollande, mais voilà bien le genre de mission qu'il apprécierait.