Régionales : quand Hollande endosse le costume de coach électoral

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Régionales : quand Hollande endosse le costume de coach électoral
@ JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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À l’approche des régionales, le président de la République s’est livré à une séance de coaching personnalisé pour les candidats de la majorité.

Si François Hollande avait promis en 2012 de ne pas être chef de la majorité, son intérêt pour les élections régionales de décembre grandit. Alors que la gauche réfléchit déjà à sa stratégie pour le second tour, le président s’est voulu offensif face aux candidats en Rhône-Alpes-Auvergne, reçus à l’Élysée le 13 octobre.

Une surprise de taille pour les invités. Comme toutes les semaines, le conseiller politique du président, Vincent Feltesse, organise un apéritif avec des élus locaux. Une occasion pour l’Elysée d’évaluer l’état du pays réel et le moral des troupes. Le 13 octobre, c’est une délégation venue de la région Rhône-Alpes-Auvergne qui se rend à l’Élysée à 19h. Habituellement, c’est le conseiller chargé des élus qui écoute pendant une petite heure les doléances de chacun avant que le président ne passe une tête pendant la dernière demi-heure. Cette fois-ci, c’est François Hollande en personne qui les reçoit, à la grande surprise des élus.

Une séance de coaching de deux heures. À peine rentré de Saint-Nazaire où deux syndicalistes ont refusé ostensiblement de lui serrer la main, le président va se livrer pendant deux heures à une séance de coaching électoral. “Il a passé en revue tous les départements, ciblant à chaque fois la problématique principale. On était sidéré”, témoigne un député. Fin connaisseur de la carte électorale, le président évalue les chances des candidats, évoque le risque Front national. “Devant la tête de liste Jean-Jacques Queyranne, il nous a rédigé le tract de la campagne : insistez sur l’innovation !” raconte un élu qui décrit un président “commandant en chef de la campagne”.

Au courant des affaires internes. François Hollande va jusqu’à s’immiscer dans les tiraillements internes entre grands élus. Didier Guillaume, patron des sénateurs socialistes, élu de la Drôme, interpelle le président sur le cas Gérard Collomb. Le maire de Lyon n’est pas partie prenante de la campagne mais sa rivalité avec Jean-Jacques Queyranne, tête de liste en Rhônes-Alpes-Auvergne est devenue un problème. Devant un Queyranne sidéré, François Hollande explique en effet que le maire de Lyon a été reçu en tête-à-tête à l’Élysée. “Il ne souhaite pas s’engager”, reconnaît le président, jugé plutôt conciliant avec Collomb.

Une revue de troupes pour 2017. 21h, fin de la séance de coaching. “Il est en campagne pour la présidentielle”, constate un participant. “Il veut dessiner le paysage politique de 2016, c’est son intérêt”. À l’issue de la campagne des régionales, François Hollande aura ainsi vu défilé les cadres régionaux du PS des treize régions françaises, une revue des troupes qui est aussi une forme de reprise en main en vue de la présidentielle.