PS-EELV : les discussions s'électrisent

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PS-EELV : les discussions s'électrisent
Les socialistes et les écologistes ne sont pas encore parvenus à un accord en vue de l'élection présidentielle de 2012.@ MAXPPP
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Le nucléaire menace un accord pour 2012. Alors que Copé exhorte Hollande à ne pas céder.

La possibilité d'un accord semble un peu plus compromise entre les socialistes et les écologistes. Les jours à venir s’annoncent décisifs pour trouver un terrain d'entente, notamment sur la question du nucléaire. Car après des mois de négociations en vue d'un éventuel accord pour 2012 en cas de victoire de la gauche, l'EPR de Flamanville constitue aujourd'hui une pomme de discorde inextricable.

Le calendrier est serré puisque PS et EELV ont convenu il y a quelques semaines d'achever leurs pourparlers mi-novembre. Le PS a "l'obligation de faire un point très précis au prochain bureau national" mardi, selon Michel Sapin, négociateur socialiste. Quant aux écologistes, ils doivent soumettre l'éventuel accord au Conseil fédéral (parlement) d'EELV du 19 et 20 novembre.

Hollande a jeté un froid

Les jours qui viennent seront mis à profit pour tenter de "résoudre les points durs" : nucléaire, aéroport Notre-Dame-des-Landes, question de la proportionnelle et de la retraite à 60 ans, a observé Denis Baupin, négociateur EELV à l'issue d'une rencontre jeudi.

Sur le nucléaire, la prise de position du candidat PS à la présidentielle, François Hollande, lundi soir, en faveur d'un maintien de la construction du réacteur nucléaire de 3e génération à Flamanville si "toutes les règles de sécurité" sont respectées, a jeté un froid alors qu'EELV fait de son arrêt la condition sine qua non d'un accord, permettant d'imaginer un avenir sans nucléaire.

Duflot souhaite un compromis

Comme l'EPR bloque, un responsable EELV, plutôt pessimiste sur une issue favorable, confiait toutefois que les négociateurs hors nucléaire se demandent "un peu à quoi ça sert de continuer".

"François Hollande et les socialistes sont face au choix stratégique de la rupture avec les écologistes ou d'un partenariat", a prévenu Cécile Duflot, tout en appelant au "compromis" et à un "débat serein sur le nucléaire".

La patronne des écolos s'est montrée plus alarmiste vendredi.  "Je le redis, nous souhaitons vivement un accord, mais nous savons que cette possibilité" d'absence d'accord "est réelle, car il y a des limites au-delà desquelles ce sont les convictions mêmes des écologistes qui sont atteintes", a-t-elle indiqué.

Copé met la pression sur la Hollande

De son côté, Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, ne s’est pas privé pour jeter de l’huile sur le feu. Il a demandé vendredi "au nom de la France" à François Hollande, candidat PS à la présidentielle, "d'arrêter les négociations avec les Verts sur le nucléaire".

S'exprimant en marge de l'inauguration du Musée de la Grande guerre construit dans sa ville, François Copé a dit à la presse être "très inquiet" des discussions entre le PS et les Verts dans la perspective de 2012, estimant que les deux partis étaient "en train de négocier sur le dos des Français" sur le nucléaire. Cette intervention n'a pas été du goût de Cécile Duflot. Elle a jugé que Jean-François Copé se comportait en "VRP politique du lobby nucléaire".