Privé de rivaux, Sarkozy en profite

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Privé de rivaux, Sarkozy en profite
@ ALAIN JOCARD / AFP
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Alors que plusieurs ténors des Républicains avaient décidé de bouder son discours, samedi, l’ex-chef de l’Etat s’est posé en rassembleur et en leader incontesté de son mouvement. 

Les absents ont toujours tort. Samedi à la Mutualité, à l’occasion du Conseil national des Républicains censé entériner les listes pour les régionales de décembre, Nicolas Sarkozy a décidé d’appliquer le dicton au maximum. Alors que ses principaux rivaux avaient décidé de ne pas être présents lors de son discours, le président du parti a décidé de profiter d’avoir la salle pour lui tout seul. Pas de photo de famille donc, mais un one-man show. "C’est tout benef’ pour nous, ils nous abandonnent le parti", s’est ainsi réjoui un sarkozyste aurprès d’Europe 1.

Petits tacles à la tribune. Evidemment, officiellement, Nicolas Sarkozy assure ne pas compter les présents et les absents. Mais en petit comité, il souhaite à François Fillon, en déplacement à La Réunion, du soleil et à Alain Juppé, qui assistait au match de rugby Brive-Bordeaux-Bègles, de vendre des livres en Corrèze. En fait,  le patron du parti considère qu’au final, les adhérents jugeront. Et à la tribune, il ne s’est pas privé de tacler, l’air de rien, ceux qui pratiquent la chaise vide. "La France impose cette unité. C’est une école de tous les jours. C’est pour ça que j’ai voulu écouter chacun aujourd’hui, c’est pour ça que j’ai voulu être présent quand chacun se donnait la peine de faire son discours", a-t-il lancé après que les 13 têtes de listes pour les régionales se soient succédés au micro. "A 29 jours des régionales, je n’accepterai aucune exception à cette unité. Dans les régions, dans les départements et au niveau national."

Tous les coups sont permis. Si Nicolas Sarkozy se pose ainsi en garant de’ l’unité, en défenseur du collectif, avec autant d’assistance, c’est pour marquer sa différence avec ses rivaux de la primaire de 2016. Car désormais, tous les coups sont permis à droite.  Alain Juppé en a donné une nouvelle preuve. L’ancien Premier ministre, qui devait venir dans la matinée mais a été retenu en raison d’un incident informatique à Orly, a posté sur son blog le discours qu’il devait prononcer, et ce au moment même où Nicolas Sarkozy prenait la parole à la Mutualité. Idem pour François Fillon, dont le parti Force républicaine, a envoyé un tweet, depuis La Réunion, au moment même où Nicolas Sarkozy concluait son discours.