Primaire : des candidats sur du velours

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Primaire : des candidats sur du velours
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 Europe1.fr vous a fait suivre minute par minute le débat entre les candidats à la primaire PS.

Les six candidats à la primaire socialistes ont débattu jeudi soir de leurs projets sur France 2. Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls ont discuté pendant près de trois heures.

Dans un premier temps, Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls ont eu une minute pour se présenter. En deuxième partie d’émission, les six candidats ont été interrogés à tour de rôle par David Pujadas, Fabien Namias, et Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde. Enfin, un débat a permis aux six candidats de confronter leurs points de vue.

Redécouvrez les arguments des uns et des autres, minute par minute :

23h17 : C'est l'heure de la conclusion. François Hollande veut "réussir la primaire", mais s'il n'est pas choisi "je serai derrière celui ou celle qui aura été désigné", assure-t-il. Pour Ségolène Royal, "la politique a encore une marge de manoeuvre". "Je veux qu'en 2012, ça change tout de suite". Pour Jean-Michel Baylet, "seule la gauche peut être au rendez-vous de l'alternance". "Nous allons continuer à nous enrichir de nos différences", conclut-il. Arnaud Montebourg assure que sa candidature "est celle des solutions nouvelles". Manuel Valls a lui déclaré qu'il voulait "tourner la page malheureuse du sarkozysme". Enfin Martine Aubry s'est dite "prête" à être présidente de la République.

23h12 : Il est question de Dominique Strauss-Kahn. Arnaud Montebourg estime que le "retour en politique [de DSK] n'est pas souhaitable". Et comme il a fait au FMI, "il doit des excuses à toute la gauche", demande Arnaud Montebourg. Pour Manuel Valls, "la composition du gouvernement vient après l'élection" mais "nous aurons besoin de DSK. Ses idées sont dans notre patrimoine politique".

23h06 : La dépénalisation du cannabis est une nouvelle fois abordée. Pour Jean-Michel Baylet, la vente du cannabis en pharmacie permettrait de "mettre fin aux dealers, aux trafics". Arnaud Montebourg est lui "farouchement opposé" à cette idée. "L'idée de Jean-Michel Baylet me paraît parfaitement absurde", dit-il. "Je suis fermement opposé à toute concession dans ce domaine", abonde Manuel Valls. 

22h54 : Les candidats à la primaire donnent leur point de vue sur le nucléaire. Arnaud Montebourg n'a pas fixé d'objectifs : "on fera le plus possible de ce qu'on pourra faire, parce qu'on ne sait pas combien ça coûte", dit-il. "Dire qu'on va sortir tout de suite ou d'ici 15 ans, ça n'est pas raisonnable. Nous pouvons prendre tous les engagements pour dans 50 ans mais c'est se moquer du monde. Laissons la technologie évoluer", plaide de son côté Jean-Michel Baylet. Manuel Valls propose lui de "fixer un cap pour les 10 ans qui viennent et passer sous la barre des 50% d'électricité produite par le nucléaire". Ségolène Royal se distingue en proposant "une sortie du nucléaire, que nous pouvons imaginer en 40 ans". "Je veux voir naitre la génération de l'après-nucléaire", lance elle aussi Martine Aubry.

22h52 : Martine Aubry tacle une proposition de François Hollande. " Je ne crois pas au contrat de génération", dit la maire de Lille. "Je l'ai testé. Ça coûte très cher et ça ne bénéficie pas aux entreprises", dit-elle.

22h45 : On passe aux retraites. Ségolène Royal insiste sur la pénibilité. "On ne peut pas dire qu'on reviendra à la retraite à 60 ans, mais il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux sur lesquels reposent les retraites, de la répartition . Mais on peut ajouter une retraite pas point sur la base du volontariat", propose de son côté Jean-Michel Baylet. "Nous ne proposons pas le retour de la retraite à 60 ans pour tout le monde", répond Martine Aubry, qui ajoute qu'elle "propose un projet financé jusqu'en 2025".

22h32 : Les six candidats débattent des finances publiques. "Il faut aller vers l'équilibre de nos finances publiques", dit Manuel Valls, selon qui "un Etat ne peut pas vivre avec des finances dans cet état". Pour Martine Aubry, "nous ne pouvons pas avoir pour seul objectif de réduire le déficit". "Il faut de la croissance et de la compétitivité", reprenant une proposition de Manuel Valls. Arnaud Montebourg estime de son côté que "la règle de déficit de 3% du PIB autorisé est obsolète". François Hollande juge qu'il "faut maîtriser la dette et donc rééquilibrer nos finances publiques mais pas pour faire plaisir aux agences de notation ou à Bruxelles". "La réforme du système bancaire est le préalable à la résolution de la crise", ajoute Ségolène Royal. "La croissance, ça ne se décrète pas", fait quant à lui remarquer Jean-Michel Baylet.

22h22 : David Pujadas aborde le thème des alliances. Pour Arnaud Montebourg, "il faut rassembler d'abord les gauches". Martine Aubry ne veut pas de "petits accords électoraux" mais dit espérer que "des républicains, des démocrates voudront s'associer à nous". François Hollande met en garde "il ne faut pas oublier le premier tour et ne pas parler du deuxième tour avant le premier tour". Mais pour lui, les éventuels partenaires devront "accepter le projet que le ou la candidate portera". Ségolène Royal prône de son côté une "majorité constructive". Pour Jean-Michel Baylet, "il faut unie la gauche mais ne pas rester exclusif". Il refuse toute alliance avec l'extrême-droite mais accueillera toute autre alliance, dit-il.

22h12 : C'est l'heure du débat entre les six candidats. David Pujadas les interroge sur la figure idéale du candidat socialiste. Pour Ségolène Royal, il s'agit de "la personnalité qui aura le meilleur projet. Le plus important c'est les idées, les projets et la capacité à les réaliser", dit la présidente de Poitou-Charentes. Pour Martine Aubry, "le bon profil, c'est celui qui incarnera le mieux les valeurs de la France". François Hollande, à qui l'on a souvent reproché son inexpérience gouvernementale, réplique qu'il a "de l'expérience politique". "Lionel Jospin m'a associé pendant 5 ans aux décisions qu'il a prises", fait-il valoir. Manuel Valls estime lui que "le meilleur candidat sera celui qui sortira des primaires".

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© FRANCE 2

21h59 : Dernier entretien avec Martine Aubry. La Première secrétaire du PS parle d'économie. Le projet du PS "a encore plus de crédibilité car la crise est revenue", estime-t-elle. 'Il faut séparer banques de dépôt et banques spéculatives, il faut d'ailleurs taxer les activités spéculatives", propose d'emblée Martine Aubry. "Si on pense qu'il suffit de réduire les dépenses publiques sans relancer la croissance, on se trompe", juge-t-elle.

Martine Aubry détaille ensuite ses priorités : "l'emploi, l'éducation, le pouvoir d'achat et la sécurité". Elle propose la création de 300.000 emplois d'avenir pour les jeunes - "100.000 dès la première année" - pour un coût de 3 milliards d'euros. "Il faut réduire les dépenses des ménages : bloquer les loyers, notamment pour la première location", propose ensuite Martine Aubry pour le volet pouvoir d'achat.

21h45 : Manuel Valls s'explique à son tour devant Françoise Fressoz, David Pujadas et Fabien Namias. Lui aussi veut réformer l'Education nationale. "On peut réformer l'école autrement qu'en mettant de l'argent supplémentaire", assure Manuel Valls, citant notamment "une réforme des rythmes scolaires et de la pédagogie". Selon lui, "nous ne pourrons pas dépenser un euro supplémentaire, sinon cela se fera au détriment d'une autre politique publique".

"Promettre aux Français que nous allons augmenter leurs salaires, c'est leur mentir", lance également Manuel Valls, qui prône une réforme de la fiscalité qui favoriserait les PME. Sur l'immigration, Manuel Valls demande une clarification des "critères pour l'attribution des cartes de séjour". "Il faut une immigration du travail, avec des quotas par métiers", précise-t-il.

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21h32 : François Hollande est le troisième candidat à présenter ses propositions. L'ex-Premier secrétaire du PS mise sur la jeunesse. Il propose 60.000 créations de postes dans l'Education nationale en 5 ans. "Agir pour la jeunesse c'est se préoccuper de nos enfants mais aussi de la croissance", dit-il. François Hollande propose également "un contrat de génération". "C'est permettre que l'entreprise, qui va garder un senior et embaucher un jeune de moins de 25 ans, ne paiera plus de cotisations sociales sur les deux emplois", explique-t-il.

Côté fiscalité, François Hollande propose de "fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG". Sur le nucléaire, François Hollande ne prône pas une sortie du nucléaire mais de passer de "75% à 50% de production nucléaire".

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21h17 : C'est au tour de Ségolène Royal d'être passée à la question par Françoise Fressoz, David Pujadas et Fabien Namias. L'ex-candidate à la présidentielle assure avoir changé. "J'ai changé, en densité, en détermination", affirme-t-elle en préambule. "J'ai travaillé dur parce que je vais demander aux Français de travailler dur", ajoute Ségolène Royal. "La campagne de 2007 m'a donné une autorité et un respect sur la scène internationale", assure-t-elle encore. La présidente de Poitou-Charentes dit vouloir s'attaquer en premier lieu à la crise financière : "il faut résoudre le problème du déficit et de la dette en relançant l'activité économique". "Ma première priorité sera la réforme des banques, pour que les banques obéissent au lieu de commander", précise-t-elle.

Ségolène Royal se dit favorable à l'inscription d'une règle d'or dans la constitution, mais "pas la même que celle de Nicolas Sarkozy". La présidente de Poitou-Charentes indique qu'elle proposera un "contrat avec la nation", qui comportera dix engagements. "Je crée un comité de surveillance des engagements, constitué à 50% de la majorité et 50% de l'opposition

21h05 : Interrogé pendant dix minutes, comme chacun des autres candidats, Jean-Michel Baylet réaffirme sa différence. "Je suis radical, j'ai des choses différentes à dire", commence le président du PRG. "Le projet socialiste ne prend pas en compte la situation d'aujourd'hui qui est catastrophique. On ne peut pas porter un projet qui entraîne des dépenses supplémentaires", explique-t-il. "Il ne faut pas engager de nouvelles dépenses publiques", poursuit Jean-Michel Baylet. Sur la crise financière européenne, le président du PRG estime que "la seule réponse sérieuse est une réponse politique, en allant plus loin vers l'Europe politique".

"Mon programme prévoit la légalisation du cannabis", indique Jean-Michel Baylet. Selon lui, "la consommation de drogue est d'actualité chez les jeunes aujourd'hui". Le candidat du PRG prône également "le droit à mourir dans la dignité". "Il s'agit du droit à donner la mort à partir du moment où un collège de médecin a reconnu que la maladie est incurable, la famille est d'accord et le patient aussi s'il est en état".

20h51 : C'est l'heure des "interviews". Arnaud Montebourg s'intéresse au pouvoir d'achat. Le projet PS est un bon projet", a insisté Arnaud Montebourg. "Mais pour le réaliser, nous devons affronter le système financier tel qu’il est aujourd’hui", a-t-il poursuivi avant d'ajouter : "Si la gauche était élue demain, avec les agences de notations telles qu’elles ont perdu la tête, nous serions presque mis sous tutelle. L’alternance serait réduite à néant", a-t-il martelé.

Arnaud Montebourg a une nouvelle fois mis en avant l'idée de la démondialisation. "Les seuls qui sont les naïfs du village mondial sont les Français. Il faut se protéger contre le reste du monde", a-t-il déclaré. Sur le pouvoir d'achat, Arnaud Montebourg a estimé qu'il était "la promesse du gouvernement actuel et son échec majeur".

20h45 : Clôturant le bal des minutes, François Hollande insiste sur les échecs de Nicolas Sarkozy. "Une crise frappe et elle est lourde", commence l'ancien Premier secrétaire du PS. "Il y a un échec, celui de Nicolas Sarkozy. Il y des doutes que nous avons tous sur l'avenir de notre pays", poursuit-il.

20h44 : Avant-dernière à se présenter face aux Français pendant une minute, Ségolène Royal met en avant le rêve de l'ascenseur social. "Les inégalités se sont tellement creusées que je ne pourrais plus réaliser le parcours que m'a permis l'école", affirme la présidente de Poitou-Charentes. "Je veux reconstruire l'escalier social", dit Ségolène Royal. "Chacun doit pouvoir en travaillant réussir sa vie", dit-elle.

20h43 : Le candidat radical Jean-Michel Baylet met en avant sa singularité. "Si j'ai décidé de poser ma candidature à la primaire, c'est pour proposer autre vision sur la gauche", dit-il. "Je veux mettre mes idées au service du progrès et du rassemblement en 2012", ajoute-t-il.

20h42 : S'adressant ensuite à eux, Arnaud Montebourg dit s'inquièter pour les Français. "Les responsables de la crise sont connus. La finance mondiale et les gouvernements qui ont démissionné devant elle", dit-il. "Je crois qu'on pourra surmonter ces périls si ns affrontons la fin et reprenons le contrôle économique", ajoute Arnaud Montebourg.

20h41 : C'est au tour de Manuel Valls de prendre la parole face caméra pendant une minute. Le prétendant à la candidature socialiste parle avant tout d'économie. "Notre pays traverse crise économique et financière sans précédent", dit-il. "Ma priorité c'est le désendettement du pays", ajoute Manuel Valls. "La France de 2012 n'est pas celle de 2007. Nicolas Sarkozy a échoué", lance-t-il

20h40 :  Le tirage au sort a désigné Martine Aubry pour débuter la séquence des "présentations". Une minute pendant laquelle elle se dit "déterminée et prête". "Je comprends votre inquiétude, notre pays va mal", dit-elle. Mais "malgré les difficultés, il y a un chemin en France et en Europe pour vivre mieux demain", ajoute-t-elle. La maire de Lille met en avant ses compétences : "j'ai tenu la barre. J'ai fait de grandes réformes", dit Martine Aubry.

20h38 : L'émission Des paroles et des Actes commence. Les six candidats prennent la parole tour à tour.