COULISSES - A quoi va ressembler le débat de la droite jeudi soir ?

En attendant les vrais candidats, des figurants occupaient les pupitres du plateau du débat, mercredi.
En attendant les vrais candidats, des figurants occupaient les pupitres du plateau du débat, mercredi. © Margaux Lannuzel/Europe 1
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Margaux Lannuzel , modifié à
Alors que le dernier débat de la primaire de la droite et du centre avant le premier tour a lieu jeudi soir, Europe1.fr s'est rendu sur le plateau où s'affronteront les sept candidats.
REPORTAGE

Dans les studios de Saint-Cloud, impossible de rester cinq minutes au même endroit sans devoir laisser la place à un chariot, une caméra ou un technicien. Tous fourmillent pour terminer de transformer le lieu où est tournée "l'Émission politique" de France 2. "Demain, ce sera pire", glisse un ingénieur. Mercredi, le plateau accueillera l'ultime débat de la droite et du centre, avant le premier tour de l'élection, dimanche. Un débat organisé par Europe 1, France 2, et la presse quotidienne régionale.

70 proches en guise de public. En entrant dans l'antre du futur débat, un bouleversement saute aux yeux : la (faible) place accordée au public. Seuls deux petits gradins blancs accueilleront 70 personnes, une dizaine de proches de chacun des candidats. Derrière les prétendants à l'investiture, des écrans sur lesquels se chevauchent des bandes bleues, blanches et violettes. "Mettre une ville, ou quelque chose de reconnaissable, c'est prendre le risque que les spectateurs cherchent à identifier le décor et se déconcentrent", explique Didier Froehly, le réalisateur de l'émission.

"On a réservé le même traitement à chaque candidat", poursuit-il. Sept caméras, de la même marque, réglées à la même hauteur, sont déjà dirigées vers les pupitres derrières lesquels les candidats seront debout. Le temps des réglages, leurs places - tirées au sort - sont occupées par des figurants. "On les a resserrés un peu", admet le responsable. "Sur TF1, le débat était glacial. Là, s'ils tendent le bras, ils se touchent : c'est plus humain." Dans ce même souci, l'image sera plus serrée sur le visage des candidats, "avec des plans de coupe, sur ceux qu'ils sont en train d'interpeller, par exemple".

" Sur TF1, le débat était glacial "

Les deux micros de NKM. Lorsqu'ils lèveront les yeux, les sept orateurs verront leur visage et ceux de leurs adversaires, sur un écran récapitulant les temps de parole de chacun. Face à eux, un large bureau blanc pour journalistes des médias organisant cet ultime débat : David Pujadas et Nathalie Saint-Cricq pour France 2, Jean-Pierre Elkabbach pour Europe 1 et Hervé Favre pour La Voix Du Nord. Le long de leur table, un rai de lumière blanche a une fonction tout sauf décorative. "Dix secondes avant que le temps de parole d'un candidat soit écoulé, il se met à clignoter. Quand ça devient fixe, c'est qu'il faut l'interrompre", précise Didier Froehly.

Interrogés sur leurs échanges avec les candidats, les responsables assurent ne pas avoir reçu de demandes de traitement particulier. Seule l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet a demandé à ce que la députée de l'Essonne ne porte qu'un seul micro, au lieu de deux. "Lors du premier débat, elle avait trouvé qu'ils étaient trop lourds. Mais j'ai répondu non, on ne peut pas prendre le risque que le premier lâche et qu'on ne l'entende plus", confie le réalisateur.

" L'émission vivra comme elle le devra "

Eviter la surpréparation. A l'image de ce détail, les conditions du débat sont "très écrites, très précises, aussi bien sur la forme que sur le fond", reconnaît Pascal Doucet-Bon, rédacteur en chef. "On sera en direct, l'émission vivra comme elle le devra. Mais on prévoit les choses au maximum", explique-t-il. Mercredi, le premier à s'exprimer sera François Fillon, sur l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Les candidats ont reçu la liste des sujets, choisis par un panel de Français via un sondage. "Mais ils ne savent rien des sous-chapitres et des questions", assure-t-on.

>> Pour tout savoir de la soirée spéciale sur Europe 1 et Europe1.fr, c'est par ici. 

Le but : éviter la surpréparation et laisser sa place à la discussion, la vraie. "On a déploré qu'il n'y ait pas eu de vrai "débat" lors du premier échange entre les candidats, sur TF1", estime Pascal Doucet-Bon. Pupitres disposés en arc-de-cercle, droit d'interpellation et partie d'émission réservée à  l'échange d'idées : à Saint-Cloud, tout a été pensé pour y remédier. "Et cela ne veut pas dire s'envoyer de petites piques", prévient le rédacteur en chef. "On attaque sur l'international, sur l'Europe. On peut débattre en parlant de fond."

Voici en exclusivité les images du plateau du débat décisif de la primaire :