Primaire : chez les Républicains aussi, les coups pleuvent

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Primaire : chez les Républicains aussi, les coups pleuvent
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SUR LE RING - La polémique à gauche occulte tout, mais les candidats Les Républicains, officiellement déclarés ou non, multiplient actuellement les attaques à l'égard de leurs concurrents. 

Ce serait presque passé inaperçu tant les tensions au sein de la gauche ont été ravivées cette semaine par la violente charge de Martine Aubry contre le gouvernement. Mais le ton est monté d'un cran récemment entre les rivaux de la primaire à droite.

Juppé ironise sur "Monsieur Bismuth". Et c'est une vidéo prise par des étudiants ce mardi qui a mis le feu aux poudres. On y voit Alain Juppé intervenir à l'université Assas, à Paris. Face à quelque 2.000 jeunes, le maire de Bordeaux a ironisé sur Nicolas Sarkozy et Paul Bismuth, le nom d'emprunt utilisé par l'ancien président lorsqu'il parlait à son avocat par téléphone. Pour gagner, "je fais confiance aux électeurs de la primaire, et pas exclusivement à Monsieur Bismuth", a lancé Alain Juppé, répondant à une blague des organisateurs du débat. "S'il y a 500.000 [électeurs], Monsieur Bismuth a toutes ses chances. Si c'est 3 millions, j'ai toutes mes chances", a ajouté le maire de Bordeaux.

Pas à l'abri d'une sortie de route. Ces images tournent depuis sur les réseaux sociaux, au plus grand déplaisir de l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui juge cette sortie inélégante. "Ce n'est pas forcément mauvais pour nous, cela montre qu'il n'y a pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre", temporise un proche de l'ancien président. Si cet épisode est encore loin du dérapage, il montre néanmoins qu'Alain Juppé, toujours très en retenue, n'est pas à l'abri de la sortie de route. Et que la campagne, scrutée par les smartphones, peut déraper à tout moment sur Internet.

Le climat ambiant inquiète. Surtout, la pique d'Alain Juppé n'est que la partie émergée des tensions déjà à l'œuvre à droite. Chez Les Républicains, le climat ambiant inquiète. La violence est de plus en plus présente, alimentée par les entourages de chacun des candidats qui se confient en "off". Nicolas Sarkozy, "c'est comme La Grande vadrouille. On l'a vu 15 fois, on ne regarde que si on n'a rien d'autre à faire", balance un proche de Bruno Le Maire. Et l'entourage du candidat du "renouveau" n'est pas plus tendre avec François Fillon, "politiquement analphabète".

Les outsiders tapent fort. De façon générale, les outsiders sont plus enclins à taper fort pour exister, quand les grands candidats, eux, n'ont pas intérêt à démarrer trop vite. Mais une étincelle peut tout faire flamber, analyse un cadre des Républicains : "la haine entre  Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon est devenue bien supérieure à celle qu’ils éprouvent pour François Hollande." D'où l'urgence de faire signer une charte aux différents candidats afin qu'ils respectent certaines conditions.

Une charte de bonne conduite. Le "monsieur primaire" des Républicains, Thierry Solère, y travaille activement. Le texte devrait être prêt début avril et obliger les signataires, dès l'article 1, à soutenir le vainqueur de l'élection interne. Quant à l'article 2, il devrait s'agir d'un code de bonne conduite, excluant les coups au-dessous de la ceinture. Mais même une fois la charte signée, la haute autorité chargée de veiller au respect des règles ne pourra qu'émettre des recommandations. Et les coups ont largement le temps de pleuvoir d'ici au scrutin de novembre.