Prières de rue : un procès très politique pour Marine Le Pen

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Prières de rue : un procès très politique pour Marine Le Pen
@ LOIC VENANCE / AFP
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La présidente du FN est jugée pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion".

Mardi s’ouvre le procès de Marine Le Pen. La présidente du Front national est poursuivie pour "provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion" par quatre associations, dont le MRAP. En cause, ses propos tenus en décembre 2010 sur les "prières de rue", comparées à une "occupation". L'audience, qui se tiendra à Lyon en présence de Marine Le Pen, s’annonce déjà mouvementée.

Un procès en forme de tribune politique. A six semaines du premier tour des régionales, la présidente du Front national compte bien utiliser ce procès à des fins politiques. C’est la première fois qu'elle est poursuivie pour des propos qu’elle a tenus. Les dérapages et les prétoires, on était jusqu'ici plutôt habitué à y associer le nom de Jean-Marie Le Pen. Cette fois-ci c’est donc au tour de sa fille, qui juge ce procès "scandaleux".

"C’est une occupation du territoire". A l’époque des faits, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch  se disputent tous deux la future présidence du parti. La première sait qu'elle doit séduire les plus radicaux du mouvement. Alors, lors d’un meeting à Lyon - le fief de son adversaire -, l’élue frontiste dénonce les prières de rue. "Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c’est une occupation du territoire", assure Marine Le Pen.

Verdict pendant les régionales.Quatre ans plus tard, elle ne renie rien. Elle veut même transformer son procès en tribune contre l’islamisme radical et le communautarisme. Marine Le Pen entend également dénoncer un procès contre "une opinion politique", selon elle. Et son entourage de renchérir : "c’est une atteinte à la liberté de débat". Le jugement devrait être rendu d’ici quelques semaines, en plein scrutin des régionales.