Présidentielle : la gauche la plus bête du monde

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Manuel Valls fait son retour dans le jeu politique. L’ancien Premier ministre a réuni ses proches pour peser dans la campagne, et met la pression sur Benoît Hamon.

L'ÉDITO POLITIQUE

On assiste à l’organisation méthodique et implacable d’un suicide collectif. Tout cela sous les yeux d’un peuple de gauche sorti fracassé du quinquennat de François Hollande et qui, plein d’illusion, a cru un court instant en ses chances. Avec raison : François Hollande s’efface, la primaire honorablement organisée désigne un candidat authentiquement de gauche en la personne de Benoît Hamon, et dans le même temps le candidat de la droite François Fillon est fauché en pleine dynamique par l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants.

La présidentielle de tous les possibles. Il y avait une fenêtre un espoir. D’autant que le rapport de forces n’est pas aussi écrasant : si l’on additionne les scores dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon, on atteint 25%, si l’on y ajoute la moitié du score d’Emmanuel Macron, on arrive à 37/38%, avec l’appoint de l’extrême gauche on atteint la barre des 40 %. Oui, Le peuple de gauche s’est pris un instant à rêver que l’élection ingagnable n’était pas encore pliée.  

Cuisine de campagne. Tous les socialistes sont coupables de la déroute de la gauche. Benoît Hamon est un candidat aux semelles de plomb : il ne s’attendait pas à jouer la présidentielle, lui c’est le PS au lendemain de la défaite qu’il visait. L’ex-frondeur n’a jamais joué la gagne. D’ailleurs, il ne fait pas campagne, il est resté bloqué depuis un mois dans l’arrière-cuisine à chercher la recette d’un accord avec Jean-Luc Mélenchon et les écologistes. Jean-Luc Mélenchon a quitté la table. Lui-aussi est coupable ! En 1992, il évoquait à l’occasion d’une défaite électorale  la faute morale d’une gauche majoritaire mais divisée qui faisait gagner la droite. Il accompli précisément ce qu’il dénonçait il y a 25 ans.

Petites trahisons entre amis. Quant aux socialistes qui ont accepté la primaire pour en bafouer les règles en allant rejoindre Emmanuel Macron, ou en mitraillant Benoît Hamon dans les médias et dans les réunions secrètes, Manuel Valls en tête, ils sont coupables de déloyauté à l’égard de leur famille politique. Autant d’éminentes personnalités qui ont décidé d’écrire, à l’occasion de cette présidentielle, l’histoire de la gauche la plus bête du monde.