Présidentielle 2012 : un jeu à trois

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Présidentielle 2012 : un jeu à trois
Trois candidats dépassent les 20% dans les intentions de vote.@ Max PPP
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Un sondage Ifop-Fiducial pour Paris-Match révèle une fin de la bipolarisation.

C’en est fini de la classique bipolarisation : l’incertitude domine désormais quant à "l’ordre d’arrivée possible au soir du premier tour", d’après un rapport d’étape sur le sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris-Match, portant sur les intentions de vote. Trois candidats dépassent en effet les 20% dans les intentions de vote et si François Hollande fait toujours la course en tête, l’écart se resserre entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy : les deux candidats n’ont vendredi plus que deux points d’écart.

L’Ifop observe que François Hollande est le premier candidat "dans l’histoire des campagnes présidentielles à devancer au premier tour dans les intentions de vote le président sortant". Mais le candidat est cerné : à sa gauche, Jean-Luc Mélenchon, du Front de Gauche, capte "près de 10% des électeurs de Ségolène Royal de 2007". Et sur sa droite, François Bayrou récupère lui aussi une part de l’électorat socialiste, alors que le candidat du PS ne capte plus que 20% de l’électorat centriste de 2007, contre un tiers après la primaire socialiste.

Le Pen et Bayrou, les "outsiders"

Même constat pour Nicolas Sarkozy, qui se trouve "dans une situation malaisée". En cumulant les intentions de vote de François Bayrou et Dominique de Villepin, on obtient "10% de l’électorat sarkozyste de 2007". Les voix du Front national représentent quant à elle 20% de cet électorat.

C’est pourquoi l’Ifop qualifie Marine Le Pen et François Bayrou d’ "outsiders susceptibles d’animer la campagne présidentielle". Tous deux sont d’ailleurs vus comme les candidats menant, avec François Hollande, la meilleure campagne. Mais si Marine Le Pen atteint la barre des 20%, François Bayrou a quant à lui encore fort à faire pour reconstituer son électorat de 2007 : 47% des Français ayant voté pour lui s’éparpillent encore parmi les autres candidats.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon pourrait bien émerger. Il flirte avec les 8%, un score jamais vu par le parti communiste depuis la campagne de 1995, qui lui permet de prendre un ascendant très net sur Eva Joly et EELV-Les Verts.

Hollande remporterait largement le second tour

L’Ifop se penche également sur les sondages sur le second tour, qui s’avèrent "très défavorables au président sortant". François Hollande recueille en effet vendredi 57% des intentions de vote, bénéficiant de "reports massifs des électorats" d’autres candidats de gauche et de soutiens dans l’électorat de Bayrou, voire de Marine Le Pen.

Concernant les souhaits de victoire, ceux-ci sont moins favorables au candidat du PS, même s’il devance toujours Nicolas Sarkozy. L’Ifop voit dans ce paradoxe un signe qu’une partie de l’opinion refuse, là encore, de s’inscrire dans une logique de bipolarisation.